Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
X. La raison
Le jour où la Raison‖ gouvernerait la terre,L'aube se lèverait‖ au fond d'un ciel en deuil ;L'océan de nos jours,‖ n'ayant plus de mystère,Sous chaque flot d'azur‖ nous montrerait l'écueil.
L'enfance songerait‖ à la vieillesse austère,L'heure semblerait courte‖ et proche le cercueil ;Las des vaines amours,‖ l'homme irait solitaire,En d'ingrats descendants‖ ne prenant plus d'orgueil.
Voyant toujours grandir‖ les limites du monde,Le savant suspendrait‖ la poursuite profondeDu mirage imposant‖ qu'on nomme Vérité ;
Le prêtre se tairait‖ dans l'église déserte ;Et, cessant tout effort,‖ la triste Humanité,Pensive, s'assoirait‖ devant sa tombe ouverte.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a terre / mystère féminine, classiqueb deuil / l'écueil masculine, classiquea austère / solitaire féminine, classiqueb cercueil / d'orgueil masculine, classiquea monde / profonde féminine, classiqueb Vérité / Humanité masculine, classiquea déserte / ouverte féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources