Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
VI. La mort
La Vie est une mort‖ incessamment active ;Pour exister longtemps‖ il faut périr toujours ;Chaque instant la détruit,‖ la forme fugitiveDont la beauté si chère‖ enivre nos amours.
La Mort délivre enfin‖ la matière captive,Lui rouvrant l'univers‖ et ses vastes séjours :D'une nouvelle vie,‖ intense et moins chétive,Elle anime nos corps‖ au terme de nos jours.
Vie et Mort : grands mots creux‖ et mensongers fantômes !Pleurons-nous aujourd'hui‖ les frémissants atomesQui formaient autrefois‖ le sang de notre cœur ?
Où sont-ils ? Dans l'air pur,‖ dans l'herbe, dans les roses…Et quand la Mort sur nous‖ mettra son doigt vainqueur,Pourquoi craindrions-nous‖ d'autres métamorphoses ?
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a active / fugitive féminine, classiqueb toujours / amours masculine, classiquea captive / chétive féminine, classiqueb séjours / jours masculine, classiquea fantômes / atomes féminine, classiqueb cœur / vainqueur masculine, classiquea roses / métamorphoses féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources