Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
V. La source
La source de cristal‖ frémit sous la fougère ;La voici qui murmure‖ et court sur les cailloux.Tout enfants, autrefois,‖ dans sa nappe légèreNous avons en riant‖ miré nos fronts si doux.
Aussi n'est-elle point‖ à nos cœurs étrangère ;Nous lui disons tout bas :‖ « Te souviens-tu de nous ? »Quoi ! ne savons-nous pas‖ que l'onde est passagère ?Sans cesse un flot s'enfuit‖ devant un flot jaloux.
Par son aspect charmant‖ c'est encor notre source ;Mais, changeante toujours‖ en sa rapide course,Peut-elle être aujourd'hui‖ ce qu'elle fut hier ?
Et notre âme, elle aussi,‖ se transforme à tout âge.Qu'est-ce donc après tout‖ que notre Moi si fier ?Rien qu'un vain souvenir‖ dans une frêle image.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fougère / légère féminine, classiqueb cailloux / doux masculine, classiquea étrangère / passagère féminine, classiqueb nous / jaloux masculine, classiquea source / course féminine, classiqueb hier / fier masculine, classiquea âge / image féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources