Poésies, 1896· Paroles d’amour
La panoplie
Vers l'angle où l'ombre douce‖ attire le regard,Dans la pourpre enchâssé,‖ l'acier pur étincelle ;On dirait qu'un sang frais‖ en longs filets ruisselleSur le tranchant aigu‖ du clair et fin poignard.
Le courbe yatagan‖ lance un éclair hagard ;Sa gaîne s'est usée‖ à battre sur la selle ;Et cette svelte dague,‖ arme charmante, est celleOù Tolède épuisa‖ son adresse et son art.
Toutes les voici donc,‖ l'atroce avec l'exquise,Chacune ayant été‖ par vous au loin conquise,Ces lames dont la pointe‖ aime à percer les chairs.
Leur lit d'obscur velours‖ les porte inassouvies,Car des cruels baisers‖ qui leur furent si chersLa soif les brûle encor,‖ ces buveuses de vies.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a regard / poignard masculine, classiqueb étincelle / ruisselle féminine, classiquea hagard / art masculine, classiqueb selle / celle féminine, classiquea l'exquise / conquise féminine, classiqueb chairs / chers masculine, classiquea inassouvies / vies féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources