Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XV. La voix des morts
Morts qui dormez, couchés‖ dans nos blancs cimetières,Parfois, en relisant‖ tous vos noms oubliés,Je songe que nos cœurs‖ à vos froides poussièresPar des fils infinis‖ et puissants sont liés.
Muets, vous dirigez‖ nos volontés altières ;Par vos désirs éteints‖ nos désirs sont pliés ;Vos âmes dans nos seins‖ revivent tout entières,En nous vos longs espoirs‖ vibrent, multipliés.
Bien que nous franchissions‖ une sphère plus haute,Vos antiques erreurs‖ nous induisent en faute,Nous aveuglant encor‖ malgré tous nos flambeaux.
Car le passé de l'homme‖ en son présent subsiste,Et la profonde voix‖ qui monte des tombeauxDicte un ordre implacable,‖ auquel nul ne résiste.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a cimetières / poussières féminine, classiqueb oubliés / liés masculine, classiquea altières / entières féminine, classiqueb pliés / multipliés masculine, classiquea haute / faute féminine, classiqueb flambeaux / tombeaux masculine, classiquea subsiste / résiste féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources