Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XVI. L’œuvre de la nature
Ce qu'il t'importe, à toi,‖ Nature, ô froide reine !Ce n'est pas que mon cœur‖ s'assouvisse ici-bas :Qu'il s'épuise et qu'il saigne‖ en d'horribles combats,Tu n'en souris pas moins,‖ implacable et sereine.
Ce qu'il t'importe, à toi,‖ c'est que la moindre graineTrouve un sol favorable‖ et germe sous tes pas.Ton éternel souci,‖ qui ne me connaît pas,N'a pour but que la vie‖ obscure et souveraine.
La vie !… Et que ce soit‖ la mienne, avec ses pleurs,Ou l'humble éclosion‖ des bêtes et des fleurs,Ou le rayonnement‖ des astres dans l'espace,
Nature, ton ardeur‖ et tes soins sont pareils.Pourquoi donc plaindrais-tu‖ ce qui souffre et qui passe,Toi qui vois s'enflammer‖ et mourir les soleils ?
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a reine / sereine féminine, classiqueb ici-bas / combats masculine, classiquea graine / souveraine féminine, classiqueb pas masculine, classiquea pleurs / fleurs masculine, classiqueb l'espace / passe féminine, classiquea pareils / soleils masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources