Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXXI. À apollon
Quels vœux fait le poète au temple d’Apollon ?Que lui demande-t-il, lorsque sa main fidèleRépand en son honneur une liqueur nouvelle ?Ce n’est point d’Olbia l’abondante moisson,L’ivoire de l’Indus, ni les champs de Sicile,Ni ceux que le Lyris ronge d’un flot tranquille.
Qu’ils taillent les rameaux des vignes de Calès,Ceux à qui la fortune accorda ce domaine :Qu’un marchand enrichi des trésors d’Orchomène,Boive en des coupes d’or, qu’il s’enivre à longs traits ;Qu’il soit chéri des Dieux, et que sa nef heureuseQuatre ou cinq fois par an fende l’onde orageuse.
Pour moi, j’aime la mauve et l’arbre de Pallas.Accorde à mes souhaits, divin fils de Latone,L’art de jouir des biens que ta bonté me donne :Que mon corps, mon esprit ne s’affaiblissent pas :Écarte loin de moi la pesante vieillesse,Et que ma lyre enfin me console sans cesse.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources