Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXV. À Lydie
Déjà l’on ne voit plus la jeunesse enflamméeAssiéger ta maison de ses coups redoublés ;Tes moments de sommeil ne sont jamais troublés,Et ta porte est toujours fermée,Ta porte qui souvent vit ses gonds ébranlés.
Déjà tu n’entends plus chanter sous ta fenêtre :« Hélas ! je veille ici brûlant pour vos appâts,« Lydie, et le sommeil vous retient dans ses bras. »Toi-même on te verra peut-êtreBientôt de la nuit sombre affronter les frimas :
Vieille, de tes amants sans cesse rebutée,Et le cœur ulcéré de fureur et d’amour,Nous te verrons pleurer et courir à ton tour,Comme une cavale indomptée,Qui trouble de ses cris les échos d’alentour.
Tu te plaindras en vain que la fleur printanièreN’obtienne après un temps que de honteux mépris,Que la rose nouvelle ait seule quelque prix,Et que la jeunesse légèreOffre au Dieu de l’hiver les vieux myrtes flétris.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources