Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXIV. À Virgile sur la mort de Quintilius varus
Quel temps pourrait tarir les pleursQu’on doit à cette ombre si chère ?O Muse aux accords enchanteurs,Préparez un chant funéraire.Il est donc vrai : Quintilius,Orné de toutes les vertus,Descend dans la nuit infernale !Quand pourront l’humble probité,La justice et la vérité,Trouver un mortel qui l’égale ?
Sa mort doit arracher des pleurs à tous les yeux,A toi surtout, à toi, trop sensible Virgile !Mais tant de piété n’est, hélas ! qu’inutile ;Tu demandes en vain Quintilius aux Dieux.
Quand tu saurais vaincre la lyreQui jadis entraînait les bois,Ne crois pas que du sombre empireUne âme revînt à ta voix,Lorsqu’aux bords où le Styx murmureLe sceptre odieux de MercureChez les morts vient de la ranger.Loi fatale ! Mais la constanceCalme seule la violenceDes maux qu’on ne peut corriger.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources