Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXVII. À ses amis
Combattre avec les pots destinés aux festins,C’est imiter le Thrace et ses fureurs cruelles.Abjurez, mes amis, ces barbares desseins ;Loin du sage Bacchus les sanglantes querelles !Quel crime d’allier le glaive et les bons vins !Apaisez ces clameurs, cette haine coupable,Et demeurez ici les coudes sur la table.
Voulez-vous que d’un vin fumeuxJe trouble à mon tour ma cervelle ?Que mon voisin nomme la belleQui l’a blessé d’un trait heureux.
Tu refuses la confidence ?Je ne veux boire qu’à ce prix.Sans doute que l’objet dont ton cœur est éprisNe te fait point rougir par sa naissance ?Dépose ton secret dans le cœur d’un ami.Parle… Mais que dis-tu ? Grands Dieux ! j’en ai frémi.
Dans quel abîme de misèreTe voilà plongé, malheureux !Tu méritais un sort moins rigoureux.Quel enchanteur, quelle sorcièreÉteindra ces indignes feux ?Non, le vainqueur de la ChimèreNe pourrait pas briser tes nœuds.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources