A maman, 1920· VI Méditations
Double
Tout ce menu bagage‖ emporté chez les morts,Ces objets familiers‖ devenus si funèbres,Ils s’uniront un jour‖ aux débris de ton corps,Confondus avec tes vertèbres
Cette croix et‖ cet éventail‖ et cette fleur,Tout ce qu’au grand néant‖ tendrement l’on confie,Moi j’y ai joint, posée‖ avec soin sur ton cœur,Cette mince photographie
Et je sens quelquefois‖ que mon sang bat plus fort,Et, jusqu’au fond de l’âme,‖ un mystère me trouble,Lorsque mon sombre esprit‖ songe à ce petit doubleQui couche avec toi dans la mort
Peut-être pour longtemps‖ suis-je encore vivante,Selon les jours comptés‖ que le sort m’infligea.Me faut-il donc savoir,‖ rêverie émouvante,Mon visage enterré déjà ?
Dans son cercueil tout neuf,‖ encore intacte et belle,La douce morte était‖ d’ivoire précieux.Mais à présent je sens,‖ avec d’immenses yeux,A quoi mon image se mêle.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (15 de 12, 5 de 8)· profil 8, 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a morts / corps masculine, classiqueb funèbres / vertèbres féminine, classiquea fleur / cœur masculine, classiqueb confie / photographie féminine, classiquea fort / mort masculine, classiqueb trouble / double féminine, classiquea vivante / émouvante féminine, classiqueb m’infligea / déjà masculine, classiquea belle / mêle féminine, classiqueb précieux / yeux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après A maman, Paris, LIBRAIRIE CHARPENTIER ET FASQUELLE, 1920· Sources