A maman, 1920· VI Méditations
Éternités
De même qu’on se couche, au soir,Pour gésir au fond des ténèbres,De même on s’en va, dans le noirDe la mort, ranger ses vertèbres
Sommeil, ô ténèbre, ô néant !La mort n’est-elle pas pareille ?Mais au matin l’on se réveilleBavard, lucide et remuant
Veille et sommeil font la balance.Sort-on aussi du dernier litAprès avoir dormi, d’oubli,L’équivalent d’une existence ?
Donc, aïeuls et petits-enfantsSe repasseraient la même âme.Vous seriez, tombeaux étouffants,Futur homme ou future femme
Que le germe des lendemains,La descendance l’ait en elle !C’est l’éternité des humains,Non l’éternité personnelle
Si quelque nièce que voilàDoit remettre au monde ma mèreQue m’importe, orpheline amère,Que m’importe cet au-delà ?
Versification
- Forme
- 6 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 3(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a soir / noir masculine, classiqueb ténèbres / vertèbres féminine, classiquea néant / remuant masculine, classiqueb pareille / réveille féminine, classiquea balance / existence féminine, classiqueb lit / d’oubli masculine, non classiquea petits-enfants / étouffants masculine, classiqueb âme / femme féminine, classiquea lendemains / humains masculine, classiqueb elle / personnelle féminine, classiquea voilà / au-delà masculine, classiqueb mère / amère féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après A maman, Paris, LIBRAIRIE CHARPENTIER ET FASQUELLE, 1920· Sources