A maman, 1920· III En deuil
J’ai retrouvé l’automne
J’ai retrouvé l’automne‖ et ses belles imagesJ’ai retrouvé mes paysages,J’ai retrouvé tous les visagesLaissés ici par mon passé
J’ai retrouvé maman‖ sur chaque route verte,Et dans chaque rue, entr’ouverteSur la mer, qui se souvient, certe,Du petit profil effacé
Qu’elle ne hantât plus‖ ces lieux chéris, qu’importe ?Ne les hante-t-elle pas morte ?Dans mon souvenir je la porteComme elle me porta jadis
Ainsi rêvant je suis‖ toute petite encore.Démon familier que j’adore,Maman, chagrin qui me dévore,Est aussi mon beau paradis
O maman qu’une mort‖ si triste m’a ravie,Souvenir de toute ma vie,Maman dont j’ai toujours envie,Tu n’es plus là, tu n’es plus là
Pourquoi suis-je encor moi‖ parmi le même automne,Puisque, ressassant, monotone,Tout mon être changé s’étonneDe ne plus croire à l’au-delà ?
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[aaa] 3[abbba]
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (18 de 8, 6 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a images / paysages / visages féminine, classiquea passé / effacé masculine, classiqueb verte / entr’ouverte / certe féminine, classiquea qu’importe / morte / porte féminine, classiquea jadis / paradis masculine, classiqueb encore / j’adore / dévore féminine, classiquea ravie / vie / envie féminine, classiquea là / l’au-delà masculine, classiqueb automne / monotone / s’étonne féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après A maman, Paris, LIBRAIRIE CHARPENTIER ET FASQUELLE, 1920· Sources