Ferveur, 1902· Heures intimes
Iième berceuse
Étant tout petits‖ nous berçaient nos mères :Mais nous n’avons plus‖ que nous deux au monde,Ayant tout quitté‖ pour l’œuvre profondeD’unir à jamais‖ nos deux âmes claires.
Mais, pour ne pas les‖ sentir orphelines,Je serai la mère‖ attentive et douce,Tu seras l’enfant‖ bercé sans secousseQui s’endort le soir‖ dans des mains câlines.
Et j’inventerai‖ de tendres paroles,Au bord de ton lit,‖ dites une à une,Lorsque le rideau‖ fleurit des corollesDont la veilleuse est‖ le lent clair de lune.
Pour que ta nuit, toute,‖ en soit parfuméeEt pour qu’au matin,‖ lorsque tu t’éveilles,Le dernier discours‖ de ta bien-aiméeTe chantonne encore‖ au creux des oreilles.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 2(abba) 2(abab)
- Mètre
- Décasyllabes· profil 5−5
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a mères / claires féminineb monde / profonde fémininea orphelines / câlines féminineb douce / secousse fémininea paroles / corolles féminineb une / lune fémininea parfumée / bien-aimée féminineb t’éveilles / oreilles féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources