Ferveur, 1902· Prones I
L’immortalité
Grands morts ensevelis,‖ dieux de notre Incroyance,Nos yeux n’iront jamais‖ pleurer sur vos tombeaux.La terre n’ouvre pas‖ pour vous le noir reposOù toute foule étend‖ son insignifiance.
Vos ombres n’iront point‖ s’abreuver au LéthéOù vont les rois du monde‖ oublier leurs royaumes,Car nos mains chercheront‖ toujours vos larges paumes,Vivantes de la chair‖ de l’Immortalité.
La fin de votre corps‖ ne laisse point d’absence :Vous dont les cœurs fixés‖ ne sont plus décevants,Vous êtes moins passés‖ que nous, jeunes vivants,Qui sommes les défunts‖ de notre adolescence…
Ah ! pour ceux qui voudront‖ y rêver ou pleurer,Puisse un jour mon épaule‖ être ainsi maternelleLorsque viendra le temps‖ funéraire où j’iraiJoindre ma vaine forme‖ à la terre éternelle !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a Incroyance / insignifiance féminineb tombeaux / repos masculinea Léthé / l’Immortalité masculineb royaumes / paumes fémininea d’absence / adolescence féminineb décevants / vivants masculinea pleurer / j’irai masculineb maternelle / éternelle féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources