Ferveur, 1902· Heures intimes
L’orage à la fenêtre
Nous avons contemplé,‖ sans parler, tous les deux,Paris enseveli‖ dans ses gris fabuleux,Par delà les grands parcs‖ dont les branches voisinesMêlent leurs torsions‖ complexes aux usines.
Dans la verdure, au loin,‖ des tuiles sur un toitLuisaient, et je songeais‖ des villages d’estampes,Contente simplement‖ d’être à côté de toi,Encor que défaillante‖ et la sueur aux tempes ;
Car, hors la dureté‖ moderne, nous étions‒ A sa fenêtre avec‖ de candides frissons, ‒Un couple d’autrefois‖ un peu mélancoliqueQui regarde noircir‖ l’orage romantique ;
Et Charlotte évoquant‖ Klopstock, ou Bernardin,Ou Musset, enchantaient‖ nos rêveuses mémoires,Pendant que le ciel, plein‖ de menaçantes moires,Tonnait en arrosant‖ la ville et le jardin…
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2(aabb) 1(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a deux / fabuleux masculineb voisines / usines fémininea toit / toi masculineb d’estampes / tempes fémininea étions / frissons masculineb mélancolique / romantique fémininea Bernardin / jardin masculineb mémoires / moires féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources