Ferveur, 1902· Fumées
Les coussins où flamboient…
Les coussins où flamboient‖ les bagues de mes mainsSont comme empoisonnés‖ de grandes fleurs étranges.
Adieu, brutalité‖ des bleus et des carmins,Honnêtes grands rideaux,‖ bourgeois fauteuils à franges !
Du jaune au roux, du vert‖ au bleu, du mauve au gris,L’œil, parmi les velours‖ assourdis, perd la piste ;
Chaque meuble, occupant‖ le recoin qu’il a pris,Net et froid dans la clarté pure,‖ est égoïste ;
Et, des vitres, le parc‖ a fait e beaux vitrauxComplexes, où s’effeuille‖ un automne bizarre…
Mais par delà ce luxe‖ intact et ces carreaux,Hurle Paris au loin‖ comme une mer barbare.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[abab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a mains / carmins masculineb étranges / franges fémininea gris / pris masculineb piste / égoïste fémininea vitraux / carreaux masculineb bizarre / barbare féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources