Ferveur, 1902· Heures intimes
Monotonie
La maison baigne dans l’été,Blanche, sentimentale et sage,Avec un bout de paysageAu fond des glaces reflété.
Elle a cette fraîcheur ombréeQue font des stores abaissés,Et des silences traversésPar un chant de guêpe dorée.
Son parc, comme dans les albums,Enchevêtre un feuillage frusteEt, sur sa terrasse vétuste,Sont d’éclatants géraniums.
Et quoique la Ville soit proche,Le bruit en est si peu distinctQu’on croit plutôt dans le lointainLe heurt des vagues sur la roche.
Nous vivons là tout doucementAvec quelque musique, un livreA parcourir, un songe à suivre,Et surtout en nous y aimant,
Pleins de la douce indifférenceQu’on a quand on se sent heureuxEt qu’on ne rêve rien de mieuxQu’une aussi paisible existence.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a l’été / reflété masculineb sage / paysage fémininea ombrée / dorée féminineb abaissés / traversés masculinea albums / géraniums masculineb fruste / vétuste fémininea proche / roche féminineb distinct / lointain masculinea doucement / aimant masculineb livre / suivre fémininea indifférence / existence féminineb heureux / mieux masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources