Ferveur, 1902· Prones I
Pro Armenia
A Pierre Quillard.
Arménie empourprée‖ et lointaine, il fallaitPeut-être qu’ainsi fût‖ ta race assassinée :Quand les petits ont bu‖ le sang au lieu du lait,Toujours la liberté‖ des peuples en est née.
Tes enfants sentiront‖ à tout jamais leurs yeuxFlamber de s’être ouverts‖ parmi les incendies,Et, seul, sans rouge horde‖ et sans torches brandies,Ce regard brûlera‖ les palais odieux.
Un chêne dort au cœur‖ du gland vert. La RévolteEst enfoncée en toi‖ comme un sublime grain,Et tes adolescents‖ pâles sont le terrainOù fermente déjà‖ la prochaine révolte.
Courage ! Il ne sait pas,‖ le sinistre boucher,Quel troupeau s’est levé‖ du sang des brebis mortes ;Et les rauques lions‖ seront contre ses portesSans qu’il ait entendu‖ leur colère marcher !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 1(abab) 3(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a fallait / lait masculineb assassinée / née fémininea yeux / odieux masculineb incendies / brandies fémininea Révolte / révolte féminineb grain / terrain masculinea boucher / marcher masculineb mortes / portes féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources