Ferveur, 1902· L’âme des choses
Tressaillement
Assise dans la solitudeDes rideaux tirés sur la nuit,De la lampe éclairant l’étude,De la maison vide de bruit,J’écoute la langue des chosesParler dans l’ombre qui s’étend :Il bat un cœur inquiétantDans le bois dur des portes closes ;Un insecte vit dans les murs ;Les pieds lourds des tables muettesOnt des craquements de fémurs ;Un orchestre de girouettes
Grince tout à coup quelque part ;Qu’est-ce qui hante le placard ?Qu’est-ce qui ronfle dans le poêle ?Quel est ce vent qui prend ce tonDont je frémis jusqu’à la moelle ?Que me veut-on ? Que me veut-on ?…
O phantasme des coins moroses,Qui donc pourra jamais savoirCe que tu dis quand vient le soir,Âme ténébreuse des choses ?…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[abab] 2[abba] 1[aa]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a solitude / l’étude féminineb nuit / bruit masculinea choses / closes féminineb s’étend / inquiétant masculinea murs / fémurs masculineb muettes / girouettes fémininea part / placard masculinea poêle / moelle féminineb ton / veut-on masculinea moroses / choses féminineb savoir / soir masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Ferveur, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1902· numérisation poesies.net· Sources