Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Berges
Bien souvent nous courons,‖ le soir, les mains aux poches,Les guinguettes sentant‖ la terre et le poisson,Humides de baigner‖ leur verdure au frissonIncolore et luisant‖ de la Seine tout proche.
Parmi les reflets tors‖ et les chalands déteints,Sur des couchants barrés‖ d’usines et de branches,Flânent, l’un après l’autre‖ ou se tenant les hanches,D’imberbes souteneurs‖ et leurs pauvres catins.
Pour nous, à notre table,‖ au clair d’une bougieOù deux, trois papillons‖ viennent brûler leurs vols,Sous un berceau, dans un‖ jardin de tournesols,Nous nous taisons, contents‖ de notre maigre orgie,
De manger à la main‖ la salade aux œufs durs,De joindre un coup de cidre‖ à la friture blonde,D’être gentils,‖ d’être tout seuls‖ et d’être obscurs,L’un en face de l’autre‖ et dans l’oubli du monde.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a poches / proche féminineb poisson / frisson masculinea déteints / catins masculineb branches / hanches fémininea bougie / orgie féminineb vols / tournesols masculinea durs / obscurs masculineb blonde / monde féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources