Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
En foret
Viens… Si nous désirons‖ reposer sur le sol,Voici que la forêt‖ nous offre dès le seuilLe calme enseveli‖ parmi ses mousses molles,Ses colonnes de bois,‖ ses millions de feuilles.
N’aurons-nous pas d’abord‖ une sorte de peurA coudoyer la horde‖ immobile des arbresQue l’éternel lichen‖ des solitudes marbre,A coucher notre vie‖ infime sous la leur ?
Au loin, s’éloignera‖ l’âme ancienne des chasses.Mais les chênes, les pins,‖ les hêtres, comme avant,Continueront, gardant‖ leur immuable place,Leurs siècles de soleil,‖ d’ombre, de ciel, de vent.
Et nous, pour confronter‖ la faiblesse et la force,Nous poserons nos bras‖ sur leurs membres ligneux,Et, sur l’inconsciente‖ et centenaire écorce,Notre force hâtive‖ où regardent des yeux.
Alors, seuls, écoutant‖ le cœur vague et tranquilleDe la terre, qui bat‖ aux poitrines des troncs,En silence, riant‖ d’orgueil, dressant le front,Du fond de la forêt‖ nous songerons aux Villes.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a sol / molles masculineb seuil / feuilles masculinea peur / leur masculineb arbres / marbre fémininea chasses / place féminineb avant / vent masculinea force / écorce féminineb ligneux / yeux masculinea tranquille / Villes féminineb troncs / front masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources