Horizons, 1905· Le long des jardins et de l’eau
Bouffée
En contradiction‖ avec celte âpre automne,Je songe à l’été monotone.
Mon âme s’ouvre‖ au souvenir‖ des beaux soirs d’aoûtAvec leurs vers luisants‖ et leurs crapauds partout.
Chacun luisait‖ comme une unique pierre,Chacun chantait‖ comme une flûte‖ à un seul trou.
Goutte de son, goutte de lumière,Notes et lueurs, si près, si loin,Parmi la nuit touffue‖ et qui sentait le foin…
Beaux soirs, beaux soirs dans les prairies,Je pense à vous du fond‖ de l’automne marrie.
Je pense à vous, moments‖ à tout jamais perdusTroublés de vers luisants‖ et de crapauds aigus,
Heures qui reviendrez‖ dès le prochain étéIdentiques aux soirs‖ que vous avez été,
Alors qu’ayant aimé,‖ songé, changé, vécu,Nos cœurs passés seront‖ comme s’ils n’étaient plus…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 6[aa] 1[aabab]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 3 de 8, 1 de 9, 1 de 10)· profil 8, 6=6, (4+6), (9)
- Mots à la rime
- a automne / monotone fémininea d’août / partout / trou masculineb pierre / lumière fémininea loin / foin masculinea prairies / marrie fémininea perdus / aigus masculinea vécu / plus masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources