Horizons, 1905· △
Le silence
Loin de l’espace‖ évalué,‖ du temps qui fuit,Dans un songe d’orgueil‖ et de noire opulence,J’ai supporté sur moi‖ le fardeau dans la nuitDes cathédrales du silence.
— Ils croyaient simplement‖ que lu n’es pas le bruit,Mais tu es par toi-même,‖ et plus que toutes choses,Seule immobilité,‖ Silence ! qui t’opposesA l’Univers captif‖ d’un éternel circuit.
Dans le Visible‖ et l’Invisible‖ est ton empire ;Tu es et tu seras‖ l’énigme jusqu’au bout,Tout ce qu’on ne pourra‖ jamais savoir ni dire,Le début et la fin de tout,
Tu es l’Éternité !‖… Je tremble et m’épouvante,Toute seule, par cette nuit,‖ de l’habiterComme mie Jéricho‖ géniale et géanteDont un seul cri ferait‖ crouler l’immensité,
O Silence en qui rien‖ ne jouit ni ne souffre,Où la vie et la mort‖ s’effacent à la fois,Toi qui sembles monté‖ des insondables gouffresDe mon âme nocturne‖ où se tait toute voix !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (18 de 12, 2 de 8)· profil 8, 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a fuit / nuit masculineb opulence / silence fémininea bruit / circuit masculineb choses / t’opposes fémininea empire / dire féminineb bout / tout masculinea m’épouvante / géante féminineb l’habiter / l’immensité masculinea souffre / gouffres féminineb fois / voix masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources