Horizons, 1905· Phantasmes
Nuptiale
Tu sais bien que la vie‖ ordinaire, publiqueEt pauvre, nous fait mal‖ au plus secret du cœur,Toi qui connais mes soirs de langueurEt la fleur pourpre de‖ mon sourire archaïque,
Quand je m’avance au pas‖ comme une qui revient,Et que mes yeux‖ battent dans la lumière,Plus blancs et noirs, sous le‖ fardeau de leurs paupières,Que ceux d’une momie‖ au masque peint,
Et, pour porter ton cœur‖ entre mes mains dorées,Quand je me tends‖ debout dans mes plis noirs,Longs et légers jusqu’à‖ sembler, parmi le soir,Déjà voler au vent‖ d’une danse sacrée…
Ainsi, parfois,‖ loin de l’âge présent,Je suis à venir ou passée,Et m’offre à toi,‖ toute, comme un présent,De mes orteils fardés‖ à ma tête tressée,
Pour que tu goûtes seul‖ le précieux déliceDe cette heure où reluit‖ mon sourire d’accueil,Et qu’enfin, doucement,‖ dans l’ombre tu me cueillesHors de mes robes, longue‖ et blanche comme un lys.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins et décasyllabes (13 de 12, 5 de 10, 1 de 8, 1 de 9)· profil 6−6, 4=6, (8), (9)
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a publique / archaïque féminineb cœur / langueur masculinea revient / peint masculineb lumière / paupières fémininea dorées / sacrée féminineb noirs / soir masculineb passée / tressée fémininea délice / lys féminineb d’accueil / cueilles masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Horizons, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1905· Sources