La figure de proue, 1908· En marge
Archange
Le vent du crépuscule,‖ en Europe, autrefois.Dans mes jardins mouillés‖ faisait pleurer mes roses.Et je sentais toucher‖ subtilement mes doigtsLe grand archange entré‖ par les fenêtres closes.
Archange du couchant,‖ ombre, toute blancheur.Qui fermais sur ton corps‖ la robe de tes ailes.Diras-tu si jamais‖ ta face m’a fait peur.Si tes plumes n’étaient‖ chez moi comme chez elles ?
Si, livide et gonflé‖ de vent comme un vaisseau.Aux fenêtres du soir‖ tu ne m’as fait des signes ?— Ah ! n’ai-je aimé jamais‖ ni mouettes ni cygnesPour m’effrayer du vol‖ adolescent d’oiseau.
Et, pour trembler avec‖ la honte de ma casteD’une Présence auprès‖ de mes sens animaux,N’ai-je conçu, jamais‖ dans ma poitrine chaste.Un amour sans toucher,‖ sans regard et sans mots ?
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a autrefois / doigts masculineb roses / closes fémininea blancheur / peur masculineb ailes / elles fémininea vaisseau / d’oiseau masculineb signes / cygnes fémininea caste / chaste féminineb animaux / mots masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources