La figure de proue, 1908· Au port
Traces
Je sens en moi mon cœur‖ diversement racéPour s’être laissé prendre‖ entre tant de liens.Et cependant, du fond‖ des voyages, je viensRôder ce soir autour‖ de mon premier passé.
Ce sont quelques maisons‖ anciennes normandesOù je remets, avec‖ si triste persistance.Mes pas trop grands dans ceux‖ de la petite enfance.O moi-même, à la lin,‖ qu’est :ce que tu demandes ?
Pourquoi dans tes jardins‖ jaunis, rouges de baies,La rose froide‖ et septembrale‖ que tu cueillesNe suffit-elle point,‖ ouverte entre ses feuilles,A te redonner tout‖ de tes premières haies ?
Si tes demeures sont‖ ainsi toujours pareilles,Comment l’enfance à tout‖ jamais est-elle morte,Telle qu’une fillette‖ aux yeux trop grands, qu’emporteLe mal d’un frêle cœur‖ secret, gros de merveilles ?
Me dira-t-on pourquoi‖ mes regards éblouisSont ouverts sur un souvenir‖ jamais lassé ?Rien ne reviendra-t-il‖ à moi de ce passé ?— O mon pays, hélas !‖ j’ai le mal du pays…
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a racé / passé masculineb liens / viens masculinea normandes / demandes féminineb persistance / enfance fémininea baies / haies féminineb cueilles / feuilles fémininea pareilles / merveilles féminineb morte / qu’emporte fémininea éblouis / pays masculineb lassé / passé masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources