La figure de proue, 1908· Au port
Un chant de retour
Honfleur, ma ville de naissanceQue j’aime plus que de raison,Je te reviens de l’horizonAyant mené loin mon enfance.
Je t’avais dans l’âme et la chair,Et si j’ai quitté ta jetée,Ce n’est qu’à tout jamais hantéePar ta grisaille sur la mer.
Ailleurs, il fait parfois bon vivre,Mais toujours, ville des prés verts,On est un peu ton marin ivreQui tangue à travers l’univers.
Qui sait quels calmes, quelles ragesOn a vu loin de toi, Honfleur ?Quels continents couleur de fleur.Et qui sait même quels naufrages ?
Nul ne saura jamais jusqu’oùOn a pu conduire sa barque.Mais vois-tu quand on naît monarque,Monarque on reste jusqu’au bout.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba) 1(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a naissance / enfance féminineb raison / l’horizon masculinea chair / mer masculineb jetée / hantée fémininea vivre / ivre féminineb verts / l’univers masculinea rages / naufrages féminineb Honfleur / fleur masculinea jusqu’où / bout masculineb barque / monarque féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources