La figure de proue, 1908· Au port
Triomphe
Le cimetière où dort‖ un peu de NormandieRepose, étroit et vert,‖ dans la fin de l’été.Il nous plaît, visitant‖ chaque pierre tiédie,Lire les noms des morts‖ sans immortalité.
Le secret des défunts‖ et de leur chair changeante.Tout ce matériel‖ et variable aprèsEst sous l’herbe, les fleurs,‖ les croix et les regrets.La terre est fourbe‖ et cache bien‖ ce qui la hante.
Sur un tertre envahi,‖ le nom s’est effacé.Nulle couronne, au vent‖ qui passe, ne cliquette.Celui qui gît ici‖ n’est plus rien qu’un squelette.Cadavre du cadavre‖ et passé du passé…
— O fatale ! O banale !‖ O toi l’insatiableA qui l’amour fournit‖ tant d’êtres, tant de morts,Que ton abîme ouvert‖ ne me soit redevableQue de mon seul fragile,‖ étroit et tendre corps !
Je n’apporterai point‖ l’offrande maternelle,La chair humaine qui‖ naîtrait de ma beautéA l’éternelle mort‖ de la Vie éternelle.Je triomphe de toi‖ par ma stérilité.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a Normandie / tiédie féminineb l’été / immortalité masculinea changeante / hante féminineb après / regrets masculinea effacé / passé masculineb cliquette / squelette fémininea l’insatiable / redevable féminineb morts / corps masculinea maternelle / éternelle féminineb beauté / stérilité masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources