La figure de proue, 1908· Au port
Sonneries du soir
I
Quand l’invisible cor‖ qui s’éteint et renaît,Déclarant la détresse‖ immense de l’automne,Du fond de la forêt,‖ au soir, tremble et détonne.Qu’est-ce donc en nous qui s’étonneEt qui pourtant se reconnaît ?
Quelle France ancienne‖ en notre âme se lève ?Pourquoi sanglotons-nous‖ quand passe cette voix ?Pourquoi, pourquoi,‖ la sonnerie,‖ à travers bois,Comme un pauvre cerf aux abois,Poursuit-elle ainsi notre rêve ?…
II
Sur la rivière et sur le préParmi quoi déjà traîne‖ un septembre doré,C’est l’hallali que sonne,Des profondeurs de la Brothonne,Vers un cerf invisible‖ un cor désespéré.
Pourquoi, quand nous étions sereineEt ne songeant à rien,‖ ce soir, sur le talus,La forêt souveraine,A notre âme contemporaine.Parle-t-elle d’un temps‖ dont nous ne sommes plus ?
Versification
- Forme
- Quintils
- Rimes
- 2(abbba) 1(aabba) 1(abaab)
- Mètre
- Vers de 12, 8 et 6 syllabes (10 de 12, 8 de 8, 2 de 6)· profil 8, 6, 6=6
- Strophes
- 2 quintils
- Mots à la rime
- a renaît / reconnaît masculineb l’automne / détonne / s’étonne fémininea lève / rêve féminineb voix / bois / abois masculinea pré / doré / désespéré masculineb sonne / Brothonne fémininea sereine / souveraine / contemporaine féminineb talus / plus masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Figure de Proue, Paris, Fasquelle, 1908· numérisation archive.org· Sources