Les sept douleurs d’octobre, 1930· III Mai, joli mai !
D’un soir de mai
Ma porte grande ouverte‖ à l’esprit du printempsLaissait entrer le soir‖ et ses parfums de fêteAvec les chants aigus‖ des oiseaux, à tue-tête,Tout ce qui nous engage‖ à n’avoir que vingt ans.
Les ombres du dehors‖ tremblaient jusqu’à ma table,Le parquet reflétait‖ le crépuscule clair.Et je restais assise‖ à respirer cet air,Cette fraîcheur,‖ cette fraîcheur‖ indubitable.
Je n’attendais,‖ ne désirais‖ qu’odeur de fleur,Que charme d’un grand soir‖ de printemps sans nuage.Je ne comparais pas‖ à tout cela mon âge,Je ne regrettais pas l’automne de mon cœur,
Mais plutôt je songeais‖ à la belle jeunesseTelle qu’elle est pareille‖ à ce soir d’aujourd’hui,Avec tout ce qu’elle a‖ de force et de faiblesse,Et j’aimais tendrement‖ le printemps pour autrui.
Les morte et les vivants‖ et moi-même passéeVivaient autour de moi‖ parmi cette beauté.J’aimais, ‒ et qu’importait‖ ma grande âme lassée ? ‒J’aimais le mois de mai‖ dans son éternité.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abba) 2(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a printemps / ans masculine, classiqueb fête / tue-tête féminine, classiquea table / indubitable féminine, classiqueb clair / air masculine, classiquea fleur / cœur masculine, classiqueb nuage / âge féminine, classiquea jeunesse / faiblesse féminine, classiqueb d’aujourd’hui / autrui masculine, classiquea passée / lassée féminine, classiqueb beauté / éternité masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources