Les sept douleurs d’octobre, 1930· II L’avenue
Le beau moment
En regardant sur l’avenue,Je vois Juin : feuillage, ciel bleu,Vent qui fait voyager un peuLa nue.
Quelqu’un des hommes de chez moi,De l’autre côté de la brèchePasse, portant, paisible et droit,Sa bêche.
La ville, parmi son varech,Repose en bas,lointaine et proche.Une fumée en monte avecLa cloche.
Comme c’est simple, tout ceci,Dans l’humilité quotidienne !Il semble bien que rien, ici,N’advienne.
Un homme allant à son labeur,La ville au loin qui sonne et fume,L’été qui verdoie et parfume :Bonheur.
Qui jamais aura pu connaîtreOù je plaçais ma joie à moi,Ce que j’appelais grand émoiDe l’être ?
Ce fut lorsque j’étais sans nom,Ignorant celui qu’on me donne,Quand je n’étais rien ni personneSinon
Simplement, tranquille et profonde,Annulée et sans passions,Une des respirationsDu monde.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 5(abba) 3(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et dissyllabes (24 de 8, 8 de 2)· profil 8, 2
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a l’avenue / nue féminine, classiqueb bleu / peu masculine, classiquea moi / droit masculine, non classiqueb brèche / bêche féminine, classiquea varech / avec masculine, classiqueb proche / cloche féminine, classiquea ceci / ici masculine, classiqueb quotidienne / N’advienne féminine, classiquea labeur / Bonheur masculine, classiqueb fume / parfume féminine, classiquea connaître / l’être féminine, classiqueb moi / émoi masculine, classiquea nom / Sinon masculine, classiqueb donne / personne féminine, classiquea profonde / monde féminine, classiqueb passions / respirations masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources