Les sept douleurs d’octobre, 1930· II L’avenue
Cimetière
Dans mes fenêtres que voilà,J’ai la vallée et l’estuaire.Mais plus proche est le cimetière.J’ai vue aussi sur l’au-delà.
Je regarde dans l’autre monde.Je n’y vois jamais rien bouger.Nul fantôme qui me réponde,Tout est calme comme un verger.
La mort apparaît végétaleA qui la contemple de près.Je vois, minuscules forêts,Des rosiers dont l’ombre s’étale.
Un if a dépassé la croix.Un autre, parfois, la remplace.De l’herbe est poussée à la placeDes beaux ornements d’autrefois.
Les pauvres dépouilles humaines,Lorsque nul ne les soigne plus,A l’abandon sous leurs talus,Travaillent, patientes graines.
Ceux qu’on mit sous terre à six piedsN’y restent pas toujours tranquilles.Opiniâtres et fragiles,Un jour ils sortent tout entiers.
Dans quelque rosier qui dévieIls remontent des profondeurs,Et, par des feuilles et des fleurs,Respirent de nouveau la vie…
J’ai compris pourquoi, quelquefois,Dans l’ombre ou le soleil en fête,Je demeure, croisant les doigts,A renverser longtemps la tête,
Pourquoi, sans songes, sans amour,Je reste, indifférente et close,Dans le bien-être de la roseQue je serai peut-être un jour.
Versification
- Forme
- 9 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 7(abba) 2(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a voilà / l’au-delà masculine, classiqueb l’estuaire / cimetière féminine, classiquea monde / réponde féminine, classiqueb bouger / verger masculine, classiquea végétale / s’étale féminine, classiqueb près / forêts masculine, classiquea croix / d’autrefois masculine, classiqueb remplace / place féminine, classiquea humaines / graines féminine, classiqueb plus / talus masculine, classiquea pieds / entiers masculine, classiqueb tranquilles / fragiles féminine, classiquea dévie / vie féminine, classiqueb profondeurs / fleurs masculine, classiquea quelquefois / doigts masculine, classiqueb fête / tête féminine, classiquea amour / jour masculine, classiqueb close / rose féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Sept douleurs d’Octobre, Paris, J. Ferenczi et fils, éditeurs, 1930· numérisation poesies.net· Sources