Mort et printemps, 1932· Jacqueline
I. « Elle est tombée en plein combat »
Elle est tombée en plein combat,Et nous, dont elle est arrachée,Soldats de la même tranchée,Nous survivons, honteux‖ de notre cœur qui bat.
Vers la nuit où la mort l’emmèneNous nous tournons, avec l’espoirQu’au-delà de ce grand trou noirElle sourit dans la‖ lumière surhumaine.
Créature d’élection,Vaste esprit et cœur magnifique,La bonté fut sa passion.Son destin abrégé‖ ne connut rien d’oblique.
Elle allait tout droit son chemin,Simple et grande. Il est des apôtresOccupés du progrès humain.Jacqueline, elle, avait‖ sa mission : les autres.
Elle a clos ses yeux opalins.La mort nous referme sa porte.Nous sommes tous les orphelins,Tous, même les plus vieux,‖ de cette jeune morte.
Que du moins son enseignementReste une présence réelle.Essayons de faire comme elle,Nous qui la regrettons‖ inconsolablement.
— Adieu. Tu nous laisses la terreEt la tâche d’y marcher droit.Mais que plus dure, plus amèreLa route qu’il nous faut‖ continuer sans toi !
Adieu. Nous allons tout à l’heureDans la bataille retourner.Toi, goûte, pendant qu’on te pleure,Ton grand repos, si bien‖ et si vite gagné.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abba) 5(abab)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (24 de 8, 8 de 12)· profil 8, 6−6
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a combat / bat masculine, classiqueb arrachée / tranchée féminine, classiquea l’emmène / surhumaine féminine, classiqueb l’espoir / noir masculine, classiquea d’élection / passion masculine, classiqueb magnifique / d’oblique féminine, classiquea chemin / humain masculine, classiqueb apôtres / autres féminine, classiquea opalins / orphelins masculine, classiqueb porte / morte féminine, classiquea enseignement / inconsolablement masculine, classiqueb réelle / elle féminine, classiquea terre / amère féminine, classiqueb droit / toi masculine, non classiquea l’heure / pleure féminine, classiqueb retourner / gagné masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mort et printemps, Paris, Albert Messein, 1932· numérisation poesies.net· Sources