Mort et printemps, 1932
La pesanteur
Malgré tous les désirs‖ qui gonflent nos poitrines,Nous qui sommes jaloux‖ des ailes en plein vol,La pesanteur a mis‖ à nos pieds des racinesMobiles, qui toujours‖ nous attachent au sol.
Retenus comme sont‖ les chênes et les hêtres,Nous croyons que marcher‖ nous fait libres dans l’air.Cependant, invisible,‖ et qui suit tous les êtres,Sous nous la pesanteur‖ traîne, boulet amer.
Et nous allons, menant‖ nos courses triomphales,Et, parce que nos pas‖ nous font changer de lieu,Orgueilleux et naïfs‖ nous nous croyons le dieu,Sous l’immobilité‖ des voûtes végétales.
Implacable, pourtant,‖ la racine nous suit,Double, collée, à nos‖ semelles prisonnières,Tout comme le reflet‖ serpentin des lumièresSuit sur mer un bateau‖ qui voyage de nuit.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 2(abab) 2(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a poitrines / racines féminine, classiqueb vol / sol masculine, classiquea hêtres / êtres féminine, classiqueb l’air / amer masculine, classiquea triomphales / végétales féminine, classiqueb lieu / dieu masculine, classiquea suit / nuit masculine, classiqueb prisonnières / lumières féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mort et printemps, Paris, Albert Messein, 1932· numérisation poesies.net· Sources