Mort et printemps, 1932· Jacqueline
XIII. « Tu n’es pas encore ai passé »
Tu n’es pas encore ai passé.Ta présence est toujours‖ près de nous, bien vivante,Et, comme un trésor amassé,Nous t’avons là, debout‖ dans ta force émouvante ?
Mais l’année avance sans toi.Quand elle finira,‖ ce sera la dernièreOù tu vécus… Dans quelle ornièreEs-tu couchée, au fond‖ du grand silence froid ?
L’an prochain, reviendra la dateDe ta mort. ce sera‖ déjà bien plus lointain.Et, puisqu’il faut qu’on s’acclimate,Plus de surprise au fond‖ de notre cœur atteint.
Le temps passera. L’habitudeEst un miracle lent‖ qui réussit toujours.Par quelque soir de lassitudeNous dirons : « Jacqueline‖ et les anciens beaux jours »
Puis cela deviendra : naguère.Nous ne saurons plus bien‖ la date. C’est ainsi.Et puis plus rien. Car, nous aussi,Nous serons allongés‖ dans le froid de l’ornière.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 2(abba)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (10 de 8, 10 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a passé / amassé masculine, classiqueb vivante / émouvante féminine, classiquea toi / froid masculine, non classiqueb dernière / ornière féminine, classiquea date / s’acclimate féminine, classiqueb lointain / atteint masculine, non classiquea L’habitude / lassitude féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea naguère / l’ornière féminine, classiqueb ainsi / aussi masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 1.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Mort et printemps, Paris, Albert Messein, 1932· numérisation poesies.net· Sources