Occident, 1901· Paroles Ii
A jamais
Les amants sont venus‖ à moi pour m’adorerEt j’ai cru que chacun‖ allait être mon rêveEt que j’allais enfin‖ connaître l’heure brèveOù vibrer tout entière‖ et prier et pleurer.
Mais, hélas ! les amants‖ n’ont pas compris mon âmeEt j’ai vu choir tous leurs‖ prestiges tour à tour.Ils n’ont pas su m’aimer,‖ ils n’ont pas su l’amour,Ils n’ont pas su l’amante,‖ ils n’ont pas su la femme.
Et je les ai punis‖ de n’avoir pas compris :J’ai détourné loin d’eux‖ ma bouche et mes caresses,Je les ai déchirés‖ dans mes mains vengeresses,Je les ai chassés tous,‖ sanglants et plus épris.
Et je veux demeurer‖ de chair et d’âme vierge ;Et les amants viendront‖ à moi pour m’adorer ;Mais implacablement‖ je les ferai pleurerEt s’en aller, vaincus,‖ de ma hautaine berge.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a m’adorer / pleurer masculineb rêve / brève fémininea âme / femme féminineb tour / l’amour masculinea compris / épris masculineb caresses / vengeresses fémininea vierge / berge féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources