Occident, 1901· En plein vent
Au matin
Parmi la pureté‖ du matin triomphant,Je vais, le souvenir‖ encor si frais dans l’âmeDu temps où je n’étais‖ qu’un embryon de femme,Qu’il me semble donner‖ la main à quelque enfant.
L’herbe est froide à mes pieds‖ comme de l’eau qui coule,La mer au bout des prés‖ vient chanter son bruit clairEt la falaise aussi‖ déferle dans la merDe tout le terrain jaune‖ et mou qui s’en éboule.
Les troupeaux comme au long‖ d’un poème latinPaissent avec des ronds‖ de soleil sur leurs croupes,Et les oiseaux de mer‖ ont abattu des groupesQue chaque vague berce‖ à son rythme incertain.
Et la prée et les eaux‖ également étalesSourient si bien à mes‖ matineux errementsQue je voudrais pouvoir‖ entre mes bras normandsPrendre en pleurant ma mer‖ et ma terre natale,
Tout ce coin de nature‖ en qui j’épancherais,Comme en l’asile offert‖ de quelque sein de femme,Câlinement, les yeux‖ fermés, toute mon âmeSi lourde de tristesse‖ et de mauvais secrets.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a triomphant / enfant masculineb l’âme / femme fémininea coule / éboule féminineb clair / mer masculinea latin / incertain masculineb croupes / groupes fémininea étales / natale féminineb errements / normands masculinea j’épancherais / secrets masculineb femme / âme féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources