Occident, 1901· En plein vent
Le retour
Rôde à pas lents‖ au parc mystérieuxOù tes deux yeux profonds‖ s’étaient remplis d’automne,Et où à présent tu t’étonnesDe ne plus piétiner‖ ton rêve soucieuxParmi le froissement‖ jaune des feuilles mortes,Et de voir que partout‖ triomphe l’été vert.Puis tu t’en iras par‖ les grands prés vers la mer ;Puis tu t’en reviendras‖ par la petite porteHanter les potagers‖ lourds de légumes gras,Gais de leur symétrie‖ étroite et maraîchère,Et le mignard jardin‖ aux flores d’apparatAussi riches que des joyaux,Strictement répété‖ à rebours dans les eauxDe l’étang clair où choit la source :Afin qu’en ta première courseTu puisses sourire à‖ tous ces coins qui l’accueillent,Qui te saluent avec leurs feuilles,Avec leurs fleurs des champs,‖ avec leurs fleurs de serre,Avec les vagues de la mer,Avec les buis naïfs‖ et crus des potagers,Pour, après, revenir‖ à la maison âgéeQui est un peu une grand’mèreEt où tu sentiras‖ tant d’intime douceurQue tu croiras tout bas‖ avec des larmes clairesQue quelqu’un au retour‖ te presse sur son cœur.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (17 de 12, 7 de 8, 1 de 10)· profil 8, (4+6), 6−6
- Mots à la rime
- a mystérieux / soucieux masculineb d’automne / t’étonnes féminined mortes / porte fémininee vert / mer masculineh gras / d’apparat masculinej joyaux / eaux masculinek source / course fémininel l’accueillent / feuilles fémininef serre / mer / grand’mère / claires féminineo potagers / âgée masculineq douceur / cœur masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources