Occident, 1901· L’âme et la mer
L’âme fidèle
Le faste ni l’attrait‖ des villes et des terresNe me feront, ô mer‖ lointaine ! t’oublier :Car, tout entier, j’entends,‖ par bonds ou régulier,Ton flot capricieux‖ battre dans mes artères ;
Car je sens fulgurer‖ encor mes larges yeuxD’avoir tant contemplé‖ tes horizons en flamme ;Car tes rythmes me sont‖ restés au fond de l’âme ;Car ton souffle a laissé‖ du vent dans mes cheveux.
Et, par les minuits noirs,‖ assise sur ma couche,Lorsque je songe à toi‖ tout bas, seule en éveilParmi l’universel‖ silence du sommeil,Mon âme sort de moi‖ comme un spectre farouche,
Et ce spectre s’en va‖ rôder dans ton fracasEt, tel qu’une Sapho‖ hantant quelque Leucade,Dans des mots furieux‖ que le sanglot saccadeSe plaint de sa souffrance‖ en se tordant les bras.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a terres / artères féminineb t’oublier / régulier masculinea yeux / cheveux masculineb flamme / l’âme fémininea couche / farouche féminineb éveil / sommeil masculinea fracas / bras masculineb Leucade / saccade féminine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources