Occident, 1901· Paroles Ii
L’orgueilleux pressentiment
Mon génie est en moi,‖ profond et solitaire,Emplissant ma journée‖ et ma veille nocturneComme une flamme dont,‖ vestale taciturne,J’attise le foyer‖ dans l’ombre et le mystère.
Il est le dieu jaloux,‖ le gardien soucieuxQui me dit dans mes maux‖ qu’il ne faut pas mourir,Dans mes tentations‖ qu’il ne faut pas faillirEt dans mes vanités‖ qu’il faut le servir mieux.
Il est le dieu plus grand‖ et plus beau que moi-mêmeDont mon cœur est l’autel,‖ dont mon corps est le temple ;Mon être, trop étroit‖ pour ce souffle trop ample,Est las de contenir‖ sa présence suprême.
C’est un dieu qu’on ignore‖ et qui me survivraPeut-être, ainsi qu’à toi,‖ foule où s’en vont mes pas,O foule d’aujourd’hui‖ qui ne me connais pas,Grande brute à qui nul‖ alors de pensera !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abba) 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a solitaire / mystère féminineb nocturne / taciturne fémininea soucieux / mieux masculineb mourir / faillir masculinea moi-même / suprême féminineb temple / ample fémininea survivra / pas masculinea pas / pensera masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources