Occident, 1901· L’âme et la mer
Ombres sur la mer
Les nuages sereins‖ stagnant au-dessus d’elleL’ont couverte, la mer,‖ tout le long de ses eaux :Là, d’une ombre de citadelle,Plus loin, de mille toits,‖ tours, temples et châteaux ;Et la mer, qu’elle soit‖ basse, haute ou étale,Berce une ville capitaleEn ombre et que jamais‖ les yeux ne pourront voir.
Et les grands peupliers‖ ont une ombre si grandeDans l’herbe où va ton nonchaloir,Qu’elle suit tout le pré‖ de son étroite bande,Descend la falaise et‖ s’allonge dans la merOù tremble ainsi, eux si‖ lointains, leur faîte vert.
Et ton ombre est couchée‖ aussi parmi les vagues,Sirène noire et qui‖ tend à tes bras tendus,Comme une allusion‖ aux baisers défendus,L’impossible plaisir‖ de ses étreintes vagues…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abab] 2[aa] 1[abba]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (13 de 12, 3 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a d’elle / citadelle féminineb eaux / châteaux masculinea étale / capitale fémininea voir / nonchaloir masculineb grande / bande fémininea mer / vert masculineb tendus / défendus masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources