Occident, 1901· Vespérales
Troisième nocturne
Mon âme s’ouvre au soir‖ comme une fleur bizarreQui s’épanouirait‖ à l’heure du couchant,Et, quittant le tombeau‖ du corps, heureux lazare,Monte à Dieu comme y vont‖ l’encens et le plain-chant.
Je ne voudrais alors‖ le baiser sur ma bouche,L’étreinte me pressant‖ l’épaule dans le noir,Que pour me figurer‖ un instant que je toucheL’au-delà que j’adore‖ et que je ne puis voir,
L’amant n’étant pour moi,‖ dans cette heure suprême,Que mon rêve éternel‖ subitement fait chair,Qu’un être me donnant,‖ l’espace d’un éclair,L’illusion de dire‖ à l’Infini : » Je t’aime ! »
Versification
- Forme
- 3 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a bizarre / lazare féminineb couchant / plain-chant masculinea bouche / touche féminineb noir / voir masculinea suprême / t’aime féminineb chair / éclair masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Occident, Paris, LA REVUE BLANCHE, 1901· numérisation poesies.net· Sources