Souffles de tempête, 1918· II Admirations
A mademoiselle Chauvelot
Je salue aujourd’hui,‖ toute petite Odile,Vos trois mois qu’une foule‖ amoureuse défend.Voici donc commencée,‖ aux yeux de tous, l’idylleD’une mère et de son enfant.
Je regarde vos mains‖ et vos pieds de poupée,Votre minime corps‖ au chaud dans des blancheurs.Une si faible place‖ est par vous occupée,O vous qui remplissez des cœurs !
Vos deux yeux d’azur lisse‖ où le regard dévie,Toute une âme à venir‖ secrètement y dort.Vos deux yeux d’azur lisse,‖ ils regardent encorDans l’infini d’avant la vie.
Petit bébé présent‖ et femme de demain,Votre âme et votre corps‖ pèsent si peu de choseQue l’on peut vous asseoir‖ sans le creux de la main,Guère plus lourde qu’une rose.
Vous êtes tout, pourtant,‖ qui semblez n’être rien.Vous qui continuez‖ une double famille.Odile !… votre nom‖ sent l’Alsace. C’est bien !Soyez grande, petite fille.
Ressemblez à la sainte‖ auguste, s’ils se peut.Pauvre petit poussin‖ parmi son duvet pâle,Puisque vous porterez‖ un nom de cathédrale,Soyez haute sous le ciel bleu.
Un poète est peut-être‖ une espèce de fée.Je pose mes deux mains‖ sur votre frêle cœur.O dame des trois mois,‖ d’un bonnet rond coiffée,Je vous souhaite le bonheur.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 2{2(abab) 1(abba)} 1(abab)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (21 de 12, 7 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a Odile / l’idylle féminine, classiqueb défend / enfant masculine, classiquea poupée / occupée féminine, classiqueb blancheurs / cœurs masculine, classiquea dévie / vie féminine, classiqueb dort / encor masculine, non classiquea demain / main masculine, classiqueb chose / rose féminine, classiquea rien / bien masculine, classiqueb famille / fille féminine, classiquea peut / bleu masculine, non classiqueb pâle / cathédrale féminine, classiquea fée / coiffée féminine, classiqueb cœur / bonheur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources