Souffles de tempête, 1918· II Admirations
Rédemption du soir
Contour presque immatériel,Debout dans l’île, Notre Dame,Sur le rouge couchant du cielS’élève en priant comme une âme.
Et son long reflet dérangé,Seconde inverse cathédrale,Dans les remous du fleuve pâleNe cesse jamais de bouger.
C’est l’heure des grandes féeries,Des premières ombres errantEt des lumières se mirant,Rouges et vertes verreries.
Comme nul ne regarde rienSinon moi, rêveuse qui passe,Tout ce spectacle m’appartientAvec son drame, avec sa grâce,
Et les yeux tournés vers cela,Je dis à Notre-Dame noire,Aux feux mouvants, à l’eau d’ivoire :« O beauté du soir, je suis là ! »
Versification
- Forme
- 5 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 2(abab) 3(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a immatériel / ciel masculine, classiqueb Dame / âme féminine, classiquea dérangé / bouger masculine, non classiqueb cathédrale / pâle féminine, classiquea féeries / verreries féminine, classiqueb errant / mirant masculine, classiquea rien / m’appartient masculine, non classiqueb passe / grâce féminine, classiquea cela / là masculine, classiqueb noire / d’ivoire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 1.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources