Souffles de tempête, 1918· VII La guerre
Conscience
Si je cours ici les cheminsParmi l’ivresse journalière,Si je revois la vieille ornièreOù passèrent mes pas gamins,
Si mon front tristement se plieOu se redresse de plaisir,Que jamais mon âme n’oublieA qui je dois ce long loisir.
C’est vous, gens des grandes batailles,Gens de la Marne et de Verdun,Grands et petits, de toutes tailles,Milliers qui ne formez plus qu’un,
C’est vous qui nous gardez nos villesEt nos campagnes à tous vents,C’est vous les morts, vous les vivantsQui nous faites nos jours tranquilles.
Nous devrions, dans nos maisons,Toutes les fois qu’art ou musiqueBercent notre vie extatique,Nous tourner vers les horizons.
Beaux rêves, belles promenades,Nous devrions, là-bas, ici,Penser à nos grands camarades,Et sans cesse dire : « Merci ! »
Versification
- Forme
- 6 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abba) 3(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a chemins / gamins masculine, classiqueb journalière / ornière féminine, classiquea plie / n’oublie féminine, classiqueb plaisir / loisir masculine, classiquea batailles / tailles féminine, classiqueb Verdun / qu’un masculine, classiquea villes / tranquilles féminine, classiqueb vents / vivants masculine, classiquea maisons / horizons masculine, classiqueb musique / extatique féminine, classiquea promenades / camarades féminine, classiqueb ici / Merci masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources