Souffles de tempête, 1918· IV Chevaux de la mer
Oraison
Diurne mer, ma grande pâle,Toi dont je fus toujours‖ l’enfant passionné,Mer, si de ta rumeur‖ qui murmure ou qui râleJe sens que mon esprit est né,
Mer nocturne, ma grande noire,Toi dont je suis la fille‖ éperdue à jamais,Seule force vivante‖ à qui je me soumets,Mer, ô mer, toute mon histoire,
Veuille vivre toujours en moi,Informe et si précise,‖ exacte et si fantasque,Veuille que ton grand vent‖ délivre de son masqueMa face qui pleure d’émoi.
Mer, que parfois la lune argente,Veuille ne point cesser‖ d’inspirer mon tourment.Désaltère et nourris‖ de ta splendeur changeanteTa visiteuse au cœur d’amant.
Debout parmi l’herbe salée,J’ouvre vers toi mes bras‖ somme on fait pour quelqu’un.Si loi, et si longtemps‖ que je m’en sois allée,J’ai gardé sur moi ton embrun.
Beaucoup plus que tout ce que j’aimeJe t’aime ! Car je suis‖ de ta race, la mer !Oui, comme les varechs‖ et les algues que sèmeTon reflux sur le sable amer.
Ivre de toi, vers toi je crie.La mer ! La mer ! A moi !‖ Je te veux, élément,Simplicité, mystère,‖ ampleur, rythme, furie,Éternel renouvellement !
Versification
- Forme
- 7 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 5(abab) 2(abba)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (14 de 8, 14 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a pâle / râle féminine, classiqueb passionné / né masculine, classiquea noire / histoire féminine, classiqueb jamais / soumets masculine, classiquea moi / d’émoi masculine, classiqueb fantasque / masque féminine, classiquea argente / changeante féminine, classiqueb tourment / d’amant masculine, classiquea salée / allée féminine, classiqueb quelqu’un / embrun masculine, classiquea j’aime / sème féminine, classiqueb mer / amer masculine, classiquea crie / furie féminine, classiqueb élément / renouvellement masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources