Souffles de tempête, 1918· VII La guerre
Petite église
Apparue au détour‖ de la campagne verteAprès long chemin creux‖ et tournants villageois,Une église est debout,‖ dont la porte est ouverteParmi des tombes de guingois ;
Une église, maison‖ vénérable et dorée,Latin, encens au bout‖ des espaces ruraux,Une église où reluit‖ la fente des vitraux,Longue lézarde colorée ;
Une petite église‖ aux sons d’harmoniumMalgré que rien ne bouge‖ au fond du vide sombre,Tout comme si c’était‖ la solitude et l’ombreHarmonisant : Pax vobiscum.
L’harmonium jouait,‖ voix de la pierre grise,Voix de l’ombre encensée‖ et de l’étroit vitrail,Jouait pour les vivants‖ qu’éloigne le travail,Pour les morts autour de l’église.
Il jouait doucement‖ pour l’errant promeneurQui s’arrête sans bruit,‖ atteint au plus sensibleIl jouait pour mon cœur‖ aux écoutes, mon cœurQui n’est qu’un cri vers l’invisible.
O calme ! O poésie !‖ O pur recueillement,Musique sous des doigts‖ émus, grande prière !Qu’on s’entretue au loin‖ dans le même moment,Que partout il y ait la guerre !
Au fond des horizons,‖ des soldats massacrés,Ici cette musique‖ et ce calme et cette ombre…‒ Salut dévotement,‖ lorsque tout meurt et sombre,A cette église au bout des prés.
Versification
- Forme
- 7 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 3(abab) 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (21 de 12, 7 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a verte / ouverte féminine, classiqueb villageois / guingois masculine, classiquea dorée / colorée féminine, classiqueb ruraux / vitraux masculine, classiquea d’harmonium / vobiscum masculine, classiqueb sombre / l’ombre féminine, classiquea grise / l’église féminine, classiqueb vitrail / travail masculine, classiquea promeneur / cœur masculine, classiqueb sensible / l’invisible féminine, classiquea recueillement / moment masculine, classiqueb prière / guerre féminine, classiquea massacrés / prés masculine, classiqueb ombre / sombre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources