Souffles de tempête, 1918· VII La guerre
Refrain
Jusques au fond de ma maisonRomanesque à parfum de pomme,Mesurant les fureurs de l’hommeAux soubresauts de l’horizon,J’entends le canon de la Somme.
Je m’en allais sonnant le glasSur quelque douleur personnelle,Tout ce qu’une âme porte en elleQui fait qu’elle est touchée à l’aile,Chutes d’en haut, flèches d’en bas ;
Tout cela, d’autres lourdes chosesQue je promène en ressassant,Certains soirs où le ciel descendRouge et lent parmi des mers roses ;Tout cela, mes rêves moroses ;
Tout cela dont je souffre en bloc,Mon pain quotidien, en somme,Tout cela s’efface, ou tout comme :Bruit des mâchoires de Moloch,J’entends le canon de la Somme.
Le monstre vomit et se tord,Ici, dans ces profondeurs bleues,Et nous pouvons pleurer encor ?O ma peine, combien de lieues ?‒ J’entends le canon de la mort.
Versification
- Forme
- 5 quintils (quintils)
- Rimes
- 2(abbab) 1(abbba) 1(abbaa) 1(ababa)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 5 quintils
- Mots à la rime
- a maison / l’horizon masculine, classiqueb pomme / l’homme / Somme féminine, classiquea glas / bas masculine, classiqueb personnelle / elle / l’aile féminine, classiquea choses / roses / moroses féminine, classiqueb ressassant / descend masculine, classiquea bloc / Moloch masculine, classiqueb somme / comme / Somme féminine, classiquea tord / encor / mort masculine, classiqueb bleues / lieues féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
25 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Souffles de tempête, Paris, E. Fasquelle, 1918· numérisation poetesses.blog4ever.com· Sources