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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

L’Homme des champs, 1800

Quatrième chant

Jacques Delille· distiques, alexandrins, 502 vers

Oui, les riches aspects‖ et des champs et de l’ondeD’intéressans tableaux‖ sont la source féconde :Oui, toujours je revois‖ avec un plaisir purDans l’azur de ces lacs‖ briller ce ciel d’azur,Ces fleuves s’épancher‖ en nappes transparentes,Ces gazons serpenter‖ le long des eaux errantes,Se noircir ces forêts‖ et jaunir les moissons,En de rians bassins‖ s’enfoncer ces vallons,Les monts porter les cieux‖ sur leurs têtes hautainesEt s’étendre à leurs pieds‖ l’immensité des plaines ;Tandis que, colorant‖ tous ces tableaux divers,Le soleil marche en pompe‖ autour de l’univers.Heureux qui, contemplant‖ cette scène imposante,Jouit de ses beautés !‖ Plus heureux qui les chante !Pour lui tout s’embellit ;‖ il rassemble à son choixLes agrémens épars‖ et des champs et des bois,Et dans ses vers brillans,‖ rivaux de la nature,Ainsi que des objets,‖ jouit de leur peinture.

Mais loin ces écrivains‖ dont le vers ennuyeuxNous dit ce que cent fois‖ on a dit encor mieux !Insipides rimeurs !‖ N’avez-vous pas encoreÉpuisé, dites-moi,‖ tous les parfums de Flore ?Entendrai-je toujours‖ les bonds de vos troupeaux ?Faut-il toujours dormir‖ au bruit de vos ruisseaux ?Zéphir n’est-il point las‖ de caresser la rose,De ses jeunes boutons‖ depuis long-temps éclose ?Et l’écho de vos vers‖ ne peut-il une foisLaisser dormir en paix‖ les échos de nos bois ?Peut-on être si pauvre,‖ en chantant la nature ?Oh ! Que, plus varié,‖ moins vague en sa peinture,Horace nous décrit‖ en vers délicieuxCe pâle peuplier,‖ ce pin audacieux,Ensemble mariant‖ leurs rameaux frais et sombres,Et prêtant au buveur‖ l’hospice de leurs ombres ;Tandis qu’un clair ruisseau,‖ se hâtant dans son cours,Fuit, roule et de son lit‖ abrège les détours !La nature en ses vers‖ semble toujours nouvelle,Et vos vers, en naissant,‖ sont déjà vieux comme elle.

Ah ! C’est que, pour les peindre,‖ il faut aimer les champs !Mais souvent, insensible‖ à leurs charmes touchans,Des rimeurs citadins‖ la muse peu champêtreLes peint sans les aimer,‖ les peint sans les connoître ;À peine ils ont goûté‖ la paix de leur séjour,La fraîcheur d’un beau soir,‖ ou l’aube d’un beau jour.Aussi lisez leurs vers ;‖ on connoît à leur styleDans ces peintres des champs‖ les amis de la ville.Voyez-les prodiguer,‖ toujours riches de mots,L’émeraude des prés‖ et le cristal des flots.L’aurore, sans briller‖ sur un trône d’opale,Ne peut point éclairer‖ la rive orientale ;Le pourpre et le saphir‖ forment ses vêtemens.Répand-elle des fleurs ?‖ Ce sont des diamans !Ils vont puiser à Tyr,‖ vont chercher au Potose,Le teint de la jonquille‖ et celui de la rose.Ainsi, d’or et d’argent,‖ de perles, de rubis,De la simple nature‖ ils chargent les habits,Et, croyant l’embellir,‖ leur main la défigure.

Puisque la poësie‖ est sœur de la peinture,Écoutez de Zeuxis‖ ces mots trop peu connus.Un artiste novice‖ osoit peindre Vénus.Ce n’étoient point ses traits‖ et ses grâces touchantes,D’un buste harmonieux‖ les rondeurs élégantes,Ces contours d’un beau sein,‖ ces bras voluptueux ;Ce n’étoit point Vénus :‖ son pinceau fastueuxAvoit prodigué l’or,‖ l’argent, les pierreries,Et Cypris se perdoit‖ sous d’amples draperies.Que fais-tu, malheureux ?‖ Dit Zeuxis irrité ;Tu nous peins la richesse,‖ et non pas la beauté !

Rimeur sans goût, ce mot‖ vous regarde vous-même :Je le répète, il faut‖ peindre ce que l’on aime.N’imitez pas pourtant‖ ces auteurs trop soigneux,Qui, des beautés des champs‖ amans minutieux,Préférant dans leurs vers‖ Linnéus à Virgile,Prodiguent des objets‖ un détail inutile ;Sur le plus vil insecte‖ épuisent leurs pinceaux,Et la loupe à la main‖ composent leurs tableaux.C’est un peintre sans goût,‖ dont le soin ridicule,En peignant une femme,‖ imite avec scrupuleSes ongles, ses cheveux,‖ les taches de son sein.

Vous, peignez plus en grand.‖ Au retour du matinAvez-vous quelquefois,‖ du sommet des montagnes,Embrassé d’un coup-d’œil‖ la scène des campagnes,Les fleuves, les moissons,‖ les vallons, les coteaux,Les bois, les champs, les prés‖ blanchis par les troupeaux,Et, dans l’enfoncement‖ de l’horizon bleuâtre,De ces monts fugitifs‖ le long amphithéâtre ?Voilà votre modèle.‖ Imitez dans vos versCes masses de beautés‖ et ces groupes divers.

Je sais qu’un peintre adroit‖ du fond d’un paysageDe quelque objet saillant‖ peut détacher l’image ;Mais ne choisissez point‖ ces objets au hasard ;Pour la belle nature‖ épuisez tout votre art.Cependant laissez croire‖ à la foule grossièreQue la belle nature‖ est toujours régulière :Ces arbres arrondis,‖ droits et majestueux,Peignez-les, j’y consens.‖ Mais ce tronc tortueux,Qui, bizarre en sa masse,‖ informe en sa parure,Et jetant au hasard‖ des touffes de verdure,Étend ses bras pendans‖ sur des rochers déserts,Dans ses brutes beautés‖ mérite aussi vos vers.Jusque dans ses horreurs‖ la nature intéresse.

Nature, ô séduisante‖ et sublime déesse,Que tes traits sont divers !‖ Tu fais naître dans moiOu les plus doux transports,‖ ou le plus saint effroi.Tantôt, dans nos vallons,‖ jeune, fraîche et brillante,Tu marches, et, des plis‖ de ta robe flottanteSecouant la rosée‖ et versant les couleurs,Tes mains sèment les fruits,‖ la verdure et les fleurs :Les rayons d’un beau jour‖ naissent de ton sourire ;De ton souffle léger‖ s’exhale le zéphire ;Et le doux bruit des eaux,‖ le doux concert des bois,Sont les accens divers‖ de ta brillante voix.Tantôt, dans les déserts,‖ divinité terrible,Sur des sommets glacés‖ plaçant ton trône horrible,Le front ceint de vieux pins‖ s’entrechoquant dans l’air,Des torrens écumeux‖ battent tes flancs ; l’éclairSort de tes yeux ; ta voix‖ est la foudre qui grondeEt du bruit des volcans‖ épouvante le monde.

Oh ! Qui pourra saisir‖ dans leur variétéDe tes riches aspects‖ la changeante beauté ?Qui peindra d’un ton vrai‖ tes ouvrages sublimes,Depuis les monts altiers‖ jusqu’aux profonds abymes ;Depuis ces bois pompeux‖ dans les airs égarés,Jusqu’à la violette,‖ humble amante des prés ?

Quelquefois, oubliant‖ nos simples paysages,Cherchez sous d’autres cieux‖ de plus grandes images :Passez les mers ; volez‖ aux lieux où le soleilDonne aux quatre saisons‖ un plus riche appareil.Sous le ciel éclatant‖ de cette ardente zôneMontrez-nous l’Orénoque‖ et l’immense Amazone,Qui, fiers enfans des monts,‖ nobles rivaux des mers,Et baignant la moitié‖ de ce vaste univers,Épuisent, pour former‖ les trésors de leur onde,Les plus vastes sommets‖ qui dominent le monde ;Baignent d’oiseaux brillans‖ un innombrable essaim,De masses de verdure‖ enrichissent leur sein :Tantôt, se déployant‖ avec magnificence,Voyagent lentement,‖ et marchent en silence ;Tantôt avec fracas‖ précipitent leurs flots,De leurs mugissemens‖ fatiguent les échos,Et semblent, à leur poids,‖ à leur bruyant tonnerre,Plutôt tomber des cieux‖ que rouler sur la terre.Peignez de ces beaux lieux‖ les oiseaux et les fleurs,Où le ciel prodigua‖ le luxe des couleurs ;De ces vastes forêts‖ l’immensité profonde,Noires comme la nuit,‖ vieilles comme le monde ;Ces bois indépendans,‖ ces champs abandonnés ;Ces vergers, du hasard‖ enfans désordonnés ;Ces troupeaux sans pasteurs,‖ ces moissons sans culture ;Enfin cette imposante‖ et sublime nature,Près de qui l’Apennin‖ n’est qu’un humble coteau,Nos forêts des buissons,‖ le Danube un ruisseau.

Tantôt de ces beaux lieux,‖ de ces plaines fécondes,Portez-nous dans les champs‖ sans verdure, sans ondes,D’où s’exile la vie‖ et la fécondité.Peignez-nous, dans leur triste‖ et morne aridité,Des sables africains‖ l’espace solitaire,Qu’un limpide ruisseau‖ jamais ne désaltère :Que l’ardeur du climat,‖ la soif de ces déserts,Embrase vos tableaux‖ et brûle dans vos vers ;Que l’hydre épouvantable‖ à longs plis les sillonne ;Que, gonflé du poison‖ dont tout son sang bouillonne,L’affreux dragon s’y dresse,‖ et de son corps vermeilAllume les couleurs‖ aux rayons du soleil.Livrez à l’ouragan‖ cette arêne mouvante ;Que le tigre et l’hyène‖ y portent l’épouvante,Et que du fier lion‖ la rugissante voixProclame le courroux‖ du monarque des bois.

Tantôt vous nous portez‖ aux limites du monde,Où l’hiver tient sa cour,‖ où l’aquilon qui grondeSans cesse fait partir‖ de son trône orageuxEt le givre piquant‖ et les flocons neigeux,Et des frimats durcis‖ les balles bondissantes,Sur la terre sonore‖ au loin retentissantes.Tracez toute l’horreur‖ de ce ciel rigoureux ;Que tout le corps frissonne‖ à ces récits affreux.Mais ces lieux ont leur pompe‖ et leur beauté sauvage :Du palais des frimats‖ présentez-nous l’image ;Ces prismes colorés ;‖ ce luxe des hivers,Qui, se jouant aux yeux‖ en cent reflets divers,Brise des traits du jour‖ les flèches transparentes ;Se suspend aux rochers‖ en aiguilles brillantes,Tremble sur les sapins‖ en mobiles cristaux ;D’une écorce de glace‖ entoure les roseaux ;Recouvre les étangs,‖ les lacs, les mers profondes,Et change en bloc d’azur‖ leurs immobiles ondes.Éblouissant désert !‖ Brillante immensité,Où, sur son char glissant‖ légèrement porté,Le rapide lapon‖ court, vole, et de ses rennes,Coursiers de ces climats,‖ laisse flotter les rênes.Ainsi vous parcourez‖ mille sites divers.Mais bientôt, revenu‖ dans des climats plus chers,Plus doux dans leur été,‖ plus doux dans leur froidure,Et d’un ciel sans rigueur‖ molle température,Vous nous rendez nos prés,‖ nos bois, nos arbrisseaux,Les nids de nos buissons,‖ le bruit de nos ruisseaux ;Nos fruits qu’un teint moins vif‖ plus doucement colore ;Notre simple Palès,‖ notre modeste Flore ;Et, pauvre de couleurs,‖ mais riche de sa voix,Le rossignol encore‖ enchantera nos bois.

Mais n’allez pas non plus‖ toujours peindre et décrire :Dans l’art d’intéresser‖ consiste l’art d’écrire.Souvent dans vos tableaux‖ placez des spectateurs ;Sur la scène des champs‖ amenez des acteurs :Cet art de l’intérêt‖ est la source féconde.Oui, l’homme aux yeux de l’homme‖ est l’ornement du monde :Les lieux les plus rians‖ sans lui nous touchent peu ;C’est un temple désert‖ qui demande son dieu.Avec lui mouvement,‖ plaisir, gaîté, culture ;Tout renaît, tout revit :‖ ainsi qu’à la nature,La présence de l’homme‖ est nécessaire aux arts.C’est lui dans vos tableaux‖ que cherchent nos regards.Peuplez donc ces coteaux‖ de jeunes vendangeuses,Ces vallons de bergers,‖ et ces eaux de baigneuses,Qui, timides, à peine‖ osant aux flots discretsConfier le trésor‖ de leurs charmes secrets,Semblent, en tressaillant‖ dans leurs rayeux extrêmes,Craindre leurs propres yeux,‖ et rougir d’elles-mêmes ;Tandis que, les suivant‖ sous le cristal de l’eau,Un faune du feuillage‖ entr’ouvre le rideau.

Que si l’homme est absent‖ de vos tableaux rustiques,Quel peuple d’animaux‖ sauvages, domestiques,Courageux ou craintifs,‖ rebelles ou soumis,Esclaves patiens‖ ou généreux amis,Dont le lait vous nourrit,‖ dont vous filez la laine,D’acteurs intéressans‖ vient occuper la scène !Ceux qui de Wouvermans‖ exerçoient les pinceaux,Qui du riant Berghem‖ animoient les tableaux,Ne vous disent-ils rien ?‖ La lyre du poëteNe peut-elle du peintre‖ égaler la palette ?Ah ! Soyez peintre aussi !‖ Venez ; à votre voixLes hôtes de la plaine‖ et des monts et des boisS’en vont donner la vie‖ au plus froid paysage.Là, dès qu’un vent léger‖ fait frémir le feuillage,Aussi tremblant que lui,‖ le timide chevreuilFuit, plus prompt que l’éclair,‖ plus rapide que l’œil :Ici, des prés fleuris‖ paissant l’herbe abondante,La vache gonfle en paix‖ sa mamelle pendante,Et son folâtre enfant‖ se joue à son côté.Plus loin, fier de sa race‖ et sûr de sa beauté,S’il entend ou le cor‖ ou le cri des cavales,De son sérail nombreux‖ hennissantes rivales,Du rempart épineux‖ qui borde le vallon,Indocile, inquiet,‖ le fougueux étalonS’échappe, et, libre enfin,‖ bondissant et superbe,Tantôt d’un pied léger‖ à peine effleure l’herbe,Tantôt demande aux vents‖ les objets de ses feux ;Tantôt vers la fraîcheur‖ d’un bain voluptueux,Fier, relevant ses crins‖ que le zéphir déploie,Vole et frémit d’orgueil,‖ de jeunesse et de joie :Ses pas dans tous vos sens‖ retentissent encor.

Voulez-vous d’intérêts‖ un plus riche trésor ?Dans tous ces animaux‖ peignez les mœurs humaines ;Donnez-leur notre espoir,‖ nos plaisirs et nos peines,Et par nos passions‖ rapprochez-les de nous.En vain le grand Buffon,‖ de leur gloire jaloux,Peu d’accord avec soi‖ dans sa prose divine,Voulut ne voir en eux‖ qu’une adroite machine,Qu’une argile mouvante,‖ et d’aveugles ressortsD’une grossière vie‖ organisant leurs corps :Buffon les peint ; chacun‖ de sa main immortelleDu feu de Prométhée‖ obtint une étincelle :Le chien eut la tendresse‖ et la fidélité,Le bœuf, la patience‖ et la docilité ;Et fier de porter l’homme,‖ et sensible à la gloire,Le coursier partagea‖ l’orgueil de la victoire.Ainsi chaque animal,‖ rétabli dans ses droits,Lui dut un caractère‖ et des mœurs et des lois.Mais que dis-je ? Déjà‖ l’auguste poësieAvoit donné l’exemple‖ à la philosophie.C’est elle qui toujours,‖ dans ses riches tableaux,Unit les dieux à l’homme,‖ et l’homme aux animaux.Voyez-vous dans Homère,‖ aux siècles poëtiques,Les héros haranguant‖ leurs coursiers héroïques ?Ulysse est de retour,‖ ô spectacle touchant !Son chien le reconnoît,‖ et meurt en le léchant.

Et toi, Virgile, et toi,‖ trop éloquent Lucrèce,Aux mœurs des animaux‖ que votre art intéresse !Avec le laboureur‖ je détèle, en pleurant,Le taureau qui gémit‖ sur son frère expirant.Les chefs d’un grand troupeau‖ se déclarent la guerre :Au bruit dont leurs débats‖ font retentir la terre,Mon œil épouvanté‖ ne voit plus deux taureaux ;Ce sont deux souverains,‖ ce sont deux fiers rivaux,Armés pour un empire,‖ armés pour une Hélène,Brûlant d’ambition,‖ enflammés par la haine.Tous deux, le front baissé,‖ s’entrechoquent ; tous deux,De leur large fanon‖ battant leur cou nerveux,Mugissent de douleur,‖ d’amour et de vengeance.Le vaste olympe en gronde,‖ et la foule en silenceAttend, intéressée‖ à ces sanglans assauts,À qui doit demeurer‖ l’empire des troupeaux.

Voulez-vous un tableau‖ d’un plus doux caractère ?Regardez la génisse,‖ inconsolable mère :Hélas ! Elle a perdu‖ le fruit de ses amours !De la noire forêt‖ parcourant les détours,Ses longs mugissemens‖ en vain le redemandent.À ses cris, que les monts,‖ que les rochers lui rendent,Lui seul ne répond point ;‖ l’ombre, les frais ruisseaux,Roulant sur des cailloux‖ leurs diligentes eaux,La saussaie encor fraîche‖ et de pluie arrosée,L’herbe où tremblent encor‖ les gouttes de rosée ;Rien ne la touche plus :‖ elle va mille foisEt du bois à l’étable,‖ et de l’étable au bois ;S’en éloigne plaintive,‖ y revient éplorée,Et s’en retourne enfin,‖ seule et désespérée.Quel cœur n’est point ému‖ de ses tendres regrets !

Même aux eaux, même aux fleurs,‖ même aux arbres muets,La poësie encore,‖ avec art mensongère,Ne peut-elle prêter‖ une âme imaginaire ?Tout semble concourir‖ à cette illusion.Voyez l’eau caressante‖ embrasser le gazon,Ces arbres s’enlacer,‖ ces vignes tortueusesEmbrasser les ormeaux‖ de leurs mains amoureuses,Et, refusant les sucs‖ d’un terrain ennemi,Ces racines courir‖ vers un sol plus ami.Ce mouvement des eaux‖ et cet instinct des plantesSuffit pour enhardir‖ vos fictions brillantes ;Donnez-leur donc l’essor.‖ Que le jeune boutonEspère le zéphire,‖ et craigne l’aquilon ;À ce lys altéré‖ versez l’eau qu’il implore :Formez dans ses beaux ans‖ l’arbre docile encore :Que ce tronc, enrichi‖ de rameaux adoptés,Admire son ombrage‖ et ses fruits empruntés ;Et, si le jeune cep‖ prodigue son feuillage,Demandez grâce au fer‖ en faveur de son âge.Alors, dans ces objets‖ croyant voir mes égaux,La douce sympathie‖ à leurs biens, à leurs maux,Trouve mon cœur sensible,‖ et votre heureuse adresseMe surprend pour un arbre‖ un moment de tendresse.

Il est d’autres secrets :‖ quelquefois à nos yeuxD’aimables souvenirs‖ embellissent les lieux.J’aime en vos vers ce riche‖ et brillant paysage ;Mais si vous ajoutez :‖ « là de mon premier âge« Coulèrent les momens ;‖ là je sentis s’ouvrir« Mes yeux à la lumière,‖ et mon cœur au plaisir : »Alors vous réveillez‖ un souvenir que j’aime ;Alors mon cœur revole‖ au moment où, moi-même,J’ai revu les beaux lieux‖ qui m’ont donné le jour.

Ô champs de la Limagne !‖ ô fortuné séjour !Hélas ! J’y revolois‖ après vingt ans d’absence :À peine le mont-d’or,‖ levant son front immense,Dans un lointain obscur‖ apparut à mes yeux,Tout mon cœur tressaillit ;‖ et la beauté des lieux,Et les riches coteaux‖ et la plaine riante,Mes yeux ne voyoient rien ;‖ mon âme impatiente,Des rapides coursiers‖ accusant la lenteur,Appeloit, imploroit‖ ce lieu cher à mon cœur.Je le vis ; je sentis‖ une joie inconnue :J’allois, j’errois ; par tout‖ où je portois la vue,En foule s’élevoient‖ des souvenirs charmans.Voici l’arbre témoin‖ de mes amusemens :C’est ici que Zéphir‖ de sa jalouse haleineEffaçoit mes palais‖ dessinés sur l’arène :C’est là que le caillou,‖ lancé dans le ruisseau,Glissoit, sautoit, glissoit,‖ et sautoit de nouveau.Un rien m’intéressoit.‖ Mais avec quelle ivresseJ’embrassois, je baignois‖ de larmes de tendresse,Le vieillard qui jadis‖ guida mes pas tremblans,La femme dont le lait‖ nourrit mes premiers ans,Et le sage pasteur‖ qui forma mon enfance !Souvent je m’écriois :‖ témoins de ma naissance,Témoins de mes beaux jours,‖ de mes premiers désirs,Beaux lieux ! Qu’avez-vous fait‖ de mes premiers plaisirs ?

Mais loin de mon sujet‖ ce doux sujet m’entraîne.Vous donc, peintres des champs,‖ animez chaque scène !Présentez-nous, au lieu‖ d’un site inanimé,Les lieux que l’on aima,‖ ceux où l’on fut aimé.D’autres fois, du contraste‖ essayant la puissance,Des asiles du vice‖ à ceux de l’innocenceOpposez les tableaux‖ terribles ou touchans,Et des maux de la ville‖ embellisez les champs.

Du haut de ces coteaux‖ d’où Paris nous découvreSes temples, ses palais,‖ ses dômes et son Louvre,Sur ces grands monumens‖ arrêtant vos regards,Là règnent, dites-vous,‖ l’opulence et les arts !Là le ciseau divin,‖ la céleste harmonie,Les écrits immortels‖ où s’empreint le génie,Amusent noblement‖ la reine des cités.Mais bientôt, oubliant‖ ces trompeuses beautés,Là règnent, direz-vous,‖ l’orgueil et la bassesse,Les maux de la misère‖ et ceux de la richesse :Là, sans cesse attirés‖ des bouts de l’univers,Fermentent à la fois‖ tous les vices divers :Là, sombre et dédaignant‖ les plaisirs légitimes,Le dégoût mène au vice,‖ et l’ennui veut des crimes :Là le noir suicide,‖ égarant la raison,Aiguise le poignard‖ et verse le poison :Là règne des laïs‖ la cohorte effrénée,Honte du célibat,‖ fléau de l’hyménée :Là, dans des murs infects,‖ asiles dévorans,La charité cruelle‖ entasse les mourans :Là des fripons gagés‖ surveillent leurs complices,Et le repos public‖ est fondé sur des vices :Là le pâle joueur,‖ dans son antre infernal,D’un bras désespéré‖ lance le dé fatal.Que d’enfans au berceau‖ délaissés par leur mère !Combien n’ont jamais vu‖ le sourire d’un père !Que de crimes cachés !‖ Que d’obscures douleurs !Combien coule de sang,‖ combien coulent de pleurs !La nature en frémit.‖ Mais bientôt vos imagesNous rendent les ruisseaux,‖ les gazons, les ombrages :Ce contraste puissant‖ les embellit pour nous ;L’ombrage, les ruisseaux,‖ les zéphirs sont plus doux ;Et le cœur, que flétrit‖ ce séjour d’imposture,Revient s’épanouir‖ au sein de la nature.Ainsi, lorsque Rousseau,‖ dans ses bosquets chéris,Du bout de son allée‖ apercevoit Paris ;« De vices, de vertus‖ effroyable mélange !« Paris ! Ville de bruit,‖ de fumée et de fange !« Trop heureux, disoit-il,‖ qui peut loin de tes murs« Fuir tes brouillards infects,‖ et tes vices impurs ! »Et soudain, revenant‖ dans ses routes chéries,Il promenoit en paix‖ ses douces rêveries.

Hélas ! Pourquoi faut-il‖ que celui dont les chantsEnseignent l’art d’orner‖ et d’habiter les champs,Ne puisse encor jouir‖ des objets qu’il adore !Ô champs, ô mes amis !‖ Quand vous verrai-je encore ?Quand pourrai-je, tantôt‖ goûtant un doux sommeilEt des bons vieux auteurs‖ amusant mon réveil,Tantôt ornant sans art‖ mes rustiques demeures,Tantôt laissant couler‖ mes indolentes heures,Boire l’heureux oubli‖ des soins tumultueux,Ignorer les humains‖ et vivre ignoré d’eux !

Vous, cependant, semez‖ des figures sans nombre ;Mêlez le fort au doux‖ et le riant au sombre.Quels qu’ils soient, aux objets‖ conformez votre ton ;Ainsi que par les mots,‖ exprimez par le son.Peignez en vers légers‖ l’amant léger de Flore ;Qu’un doux ruisseau murmure‖ en vers plus doux encore.Entend-on d’un torrent‖ les ondes bouillonner ?Le vers tumultueux‖ en roulant doit tonner.Que d’un pas lent et lourd‖ le bœuf fende la plaine ;Chaque syllabe pèse,‖ et chaque mot se traîne.Mais si le daim léger‖ bondit, vole et fend l’air,Le vers vole et le suit,‖ aussi prompt que l’éclair.Ainsi de votre chant‖ la marche cadencéeImite l’action‖ et note la pensée.

Mais, malgré ces travaux,‖ trop heureux si toujoursVous aviez à chanter‖ les beaux lieux, les beaux jours !Mais lorsque vous dictez‖ des préceptes rustiques,C’est là qu’il faut ouvrir‖ vos trésors poëtiques :Un précepte est aride ?‖ Il le faut embellir ;Ennuyeux ? L’égayer ;‖ vulgaire ? L’ennoblir.

Quelquefois, des leçons‖ interrompant la chaîne,Suspendez votre course ;‖ et, reprenant haleine,Au lecteur fatigué‖ présentez à proposD’un épisode heureux‖ l’agréable repos.Homère, en décrivant‖ les soins du labourage,Offre de ce précepte‖ une charmante image.Chaque fois que du bœuf‖ pressé de l’aiguillonLe conducteur, lassé,‖ touche au bout du sillon,Chaque fois d’un vin pur‖ abreuvé par son maître,Il retourne gaîment‖ à son labour champêtre.Ainsi, par la douceur‖ de vos digressions,Faites boire l’oubli‖ des austères leçons ;Puis, suivez votre course‖ un instant suspendue,Et de votre sujet‖ parcourez l’étendue.

Mais pourquoi ces conseils‖ tracés si longuement ?Ah ! Pour toute leçon‖ j’aurois dû seulementDire, lisez Virgile :‖ avec quelle harmonieAux rustiques travaux‖ il instruit l’Ausonie !De la scène des champs‖ s’il m’offre le tableau,Que ses pinceaux sont vrais !‖ Le limpide ruisseau,Où le berger pensif‖ voit flotter son image,Rend moins fidèlement‖ les fleurs de son rivage.S’il me peint les bergers,‖ leurs amours, leurs concerts,L’âge d’or tout entier‖ respire dans ses vers.Lisez Virgile : heureux‖ qui sait goûter ses charmes !Malheureux qui le lit‖ sans verser quelques larmes !Lorsque sa voix si douce‖ en des sons si touchansS’écrie : heureux vieillard,‖ tu conserves tes champs !Combien il m’intéresse‖ à ce vieillard champêtre !Ce verger qu’il planta,‖ ce toit qui le vit naître,J’y crois être avec lui ;‖ le tendre tourtereau,Et l’amoureux ramier‖ roucoulant sous l’ormeau,Sur la saussaie en fleur‖ l’abeille qui bourdonne,Les airs qu’au haut des monts‖ le bucheron fredonne,Ces bois, ces frais ruisseaux !‖ Ah ! Quel peintre eut jamaisDe plus douces couleurs‖ et des tableaux plus vrais !Mais qu’entends-je ? Quels sons ?‖ Ah ! C’est Gallus qui chante,Il chante Lycoris,‖ sa Lycoris absente.Sa voix pour Lycoris‖ conjure les frimatsD’émousser leurs glaçons‖ sous ses pieds délicats.Dieu du chant pastoral !‖ ô Virgile ! ô mon maître !Quand je voulus chanter‖ la nature champêtre,Je l’observai ; j’errois‖ avec des yeux ravisDans les bois, dans les prés :‖ je te lus et je visQue la nature et toi‖ n’étoient qu’un. Ah ! PardonneSi, fier de ramasser‖ des fleurs de ta couronne,J’essayai d’imiter‖ tes tableaux ravissans !Que ne puis-je les rendre‖ ainsi que je les sens !Mais ils ont animé‖ mes premières esquisses,Et s’ils n’ont fait ma gloire,‖ ils ont fait mes délices.

Ainsi, seul, à l’abri‖ de mes rochers déserts,Tandis que la discorde‖ ébranloit l’univers,Heureux, je célébrois,‖ d’une voix libre et pure,L’humanité, les champs,‖ les arts et la nature.Veuillent les dieux sourire‖ à mes champêtres sons !Et moi, puissé-je encor,‖ pour prix de mes leçons,Compter quelques printemps,‖ et dans les champs que j’aime,Vivre pour mes amis,‖ mes livres et moi-même !

fin du quatrième et dernier chant.

Versification

Forme
Distiques
Rimes
251((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
28 distiques
Mots à la rime
a l’onde / féconde féminine, classiqueb pur / d’azur masculine, classiquea transparentes / errantes féminine, classiqueb moissons / vallons masculine, classiquea hautaines / plaines féminine, classiqueb divers / l’univers masculine, classiquea imposante / chante féminine, classiqueb choix / bois masculine, classiquea nature / peinture féminine, classiqueb ennuyeux / mieux masculine, classiquea encore / Flore féminine, classiqueb troupeaux / ruisseaux masculine, classiquea rose / éclose féminine, classiqueb fois / bois masculine, classiqueb délicieux / audacieux masculine, classiquea sombres / ombres féminine, classiqueb cours / détours masculine, classiquea nouvelle / elle féminine, classiqueb champs / touchans masculine, classiquea champêtre / connoître féminine, classiqueb séjour / jour masculine, classiquea style / ville féminine, classiqueb mots / flots masculine, classiquea d’opale / orientale féminine, classiqueb vêtemens / diamans masculine, classiquea Potose / rose féminine, classiqueb rubis / habits masculine, classiquea défigure / peinture féminine, classiqueb connus / Vénus masculine, classiquea touchantes / élégantes féminine, classiqueb voluptueux / fastueux masculine, classiquea pierreries / draperies féminine, classiqueb irrité / beauté masculine, classiquea vous-même / aime féminine, classiqueb soigneux / minutieux masculine, classiquea Virgile / inutile féminine, classiqueb pinceaux / tableaux masculine, classiquea ridicule / scrupule féminine, classiqueb sein / matin masculine, classiquea montagnes / campagnes féminine, classiqueb coteaux / troupeaux masculine, classiquea bleuâtre / amphithéâtre féminine, classiqueb vers / divers masculine, classiquea paysage / l’image féminine, classiqueb hasard / art masculine, classiquea grossière / régulière féminine, classiqueb majestueux / tortueux masculine, classiquea parure / verdure féminine, classiqueb déserts / vers masculine, classiquea intéresse / déesse féminine, classiqueb moi / effroi masculine, classiquea brillante / flottante féminine, classiqueb couleurs / fleurs masculine, classiquea sourire / zéphire féminine, classiqueb bois / voix masculine, classiquea terrible / horrible féminine, classiqueb l’air / l’éclair masculine, classiquea gronde / monde féminine, classiqueb variété / beauté masculine, classiquea sublimes / abymes féminine, classiqueb égarés / prés masculine, classiquea paysages / images féminine, classiqueb soleil / appareil masculine, classiquea zône / Amazone féminine, classiqueb mers / univers masculine, classiquea onde / monde féminine, classiqueb essaim / sein masculine, classiquea magnificence / silence féminine, classiqueb flots / échos masculine, classiquea tonnerre / terre féminine, classiqueb fleurs / couleurs masculine, classiquea profonde / monde féminine, classiqueb abandonnés / désordonnés masculine, classiquea culture / nature féminine, classiqueb coteau / ruisseau masculine, classiquea fécondes / ondes féminine, classiqueb fécondité / aridité masculine, classiquea solitaire / désaltère féminine, classiquea sillonne / bouillonne féminine, classiqueb vermeil / soleil masculine, classiquea mouvante / l’épouvante féminine, classiqueb voix / bois masculine, classiquea monde / gronde féminine, classiqueb orageux / neigeux masculine, classiquea bondissantes / retentissantes féminine, classiqueb rigoureux / affreux masculine, classiquea sauvage / l’image féminine, classiqueb hivers / divers masculine, classiquea transparentes / brillantes féminine, classiqueb cristaux / roseaux masculine, classiquea profondes / ondes féminine, classiqueb immensité / porté masculine, classiquea rennes / rênes féminine, classiqueb divers / chers masculine, classiquea froidure / température féminine, classiqueb arbrisseaux / ruisseaux masculine, classiquea colore / Flore féminine, classiquea décrire / d’écrire féminine, classiqueb spectateurs / acteurs masculine, classiquea féconde / monde féminine, classiqueb peu / dieu masculine, classiqueb arts / regards masculine, classiquea vendangeuses / baigneuses féminine, classiqueb discrets / secrets masculine, classiquea extrêmes / d’elles-mêmes féminine, classiqueb l’eau / rideau masculine, classiquea rustiques / domestiques féminine, classiqueb soumis / amis masculine, classiquea laine / scène féminine, classiquea poëte / palette féminine, classiquea paysage / feuillage féminine, classiqueb chevreuil / l’œil masculine, classiquea abondante / pendante féminine, classiqueb côté / beauté masculine, classiquea cavales / rivales féminine, classiqueb vallon / étalon masculine, classiquea superbe / l’herbe féminine, classiqueb feux / voluptueux masculine, classiquea déploie / joie féminine, classiqueb encor / trésor masculine, classiquea humaines / peines féminine, classiqueb nous / jaloux masculine, classiquea divine / machine féminine, classiqueb ressorts / corps masculine, classiquea immortelle / étincelle féminine, classiqueb fidélité / docilité masculine, classiquea gloire / victoire féminine, classiqueb droits / lois masculine, classiquea poësie / philosophie féminine, classiqueb tableaux / animaux masculine, classiquea poëtiques / héroïques féminine, classiqueb touchant / léchant masculine, classiquea Lucrèce / intéresse féminine, classiqueb pleurant / expirant masculine, classiquea guerre / terre féminine, classiqueb taureaux / rivaux masculine, classiquea Hélène / haine féminine, classiqueb deux / nerveux masculine, classiquea vengeance / silence féminine, classiqueb assauts / troupeaux masculine, classiquea caractère / mère féminine, classiqueb amours / détours masculine, classiquea redemandent / rendent féminine, classiqueb ruisseaux / eaux masculine, classiquea arrosée / rosée féminine, classiquea éplorée / désespérée féminine, classiqueb regrets / muets masculine, classiquea mensongère / imaginaire féminine, classiqueb illusion / gazon masculine, classiquea tortueuses / amoureuses féminine, classiqueb ennemi / ami masculine, classiquea plantes / brillantes féminine, classiqueb bouton / l’aquilon masculine, classiquea implore / encore féminine, classiqueb adoptés / empruntés masculine, classiquea feuillage / âge féminine, classiqueb égaux / maux masculine, classiquea adresse / tendresse féminine, classiqueb yeux / lieux masculine, classiquea paysage / âge féminine, classiqueb s’ouvrir / plaisir masculine, classiquea j’aime / moi-même féminine, classiqueb jour / séjour masculine, classiquea d’absence / immense féminine, classiquea riante / impatiente féminine, classiqueb lenteur / cœur masculine, classiquea inconnue / vue féminine, classiqueb charmans / amusemens masculine, classiquea haleine / l’arène féminine, classiqueb ruisseau / nouveau masculine, classiquea ivresse / tendresse féminine, classiqueb tremblans / ans masculine, classiquea enfance / naissance féminine, classiqueb désirs / plaisirs masculine, classiquea m’entraîne / scène féminine, classiqueb inanimé / aimé masculine, classiquea puissance / l’innocence féminine, classiqueb touchans / champs masculine, classiquea découvre / Louvre féminine, classiqueb regards / arts masculine, classiquea harmonie / génie féminine, classiqueb cités / beautés masculine, classiquea bassesse / richesse féminine, classiqueb l’univers / divers masculine, classiquea légitimes / crimes féminine, classiqueb raison / poison masculine, classiquea effrénée / l’hyménée féminine, classiqueb dévorans / mourans masculine, classiquea complices / vices féminine, classiqueb infernal / fatal masculine, classiquea mère / père féminine, classiqueb douleurs / pleurs masculine, classiquea images / ombrages féminine, classiqueb nous / doux masculine, classiquea d’imposture / nature féminine, classiqueb chéris / Paris masculine, classiquea mélange / fange féminine, classiqueb murs / impurs masculine, classiquea chéries / rêveries féminine, classiqueb chants / champs masculine, classiquea adore / encore féminine, classiqueb sommeil / réveil masculine, classiquea demeures / heures féminine, classiqueb tumultueux / d’eux masculine, classiquea nombre / sombre féminine, classiqueb ton / son masculine, classiquea Flore / encore féminine, classiqueb bouillonner / tonner masculine, classiquea plaine / traîne féminine, classiquea cadencée / pensée féminine, classiqueb toujours / jours masculine, classiquea rustiques / poëtiques féminine, classiqueb embellir / L’ennoblir masculine, classiquea chaîne / haleine féminine, classiqueb propos / repos masculine, classiquea labourage / image féminine, classiqueb l’aiguillon / sillon masculine, classiquea maître / champêtre féminine, classiqueb digressions / leçons masculine, classiquea suspendue / l’étendue féminine, classiqueb longuement / seulement masculine, classiquea harmonie / l’Ausonie féminine, classiqueb tableau / ruisseau masculine, classiquea image / rivage féminine, classiqueb concerts / vers masculine, classiquea charmes / larmes féminine, classiquea champêtre / naître féminine, classiqueb tourtereau / l’ormeau masculine, classiquea bourdonne / fredonne féminine, classiqueb jamais / vrais masculine, classiquea chante / absente féminine, classiqueb frimats / délicats masculine, classiqueb ravis / vis masculine, classiquea Pardonne / couronne féminine, classiqueb ravissans / sens masculine, classiquea esquisses / délices féminine, classiqueb déserts / l’univers masculine, classiquea pure / nature féminine, classiqueb sons / leçons masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

502 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Homme des champs ou les Géorgiques françaises, Basle, Jacques Decker, 1800· numérisation CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) http://www.cnrtl.fr/corpus/frantext/frantext.php· Sources